«La dépréciation du dollar s’explique par la déception des investisseurs»
Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam
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Patrick Aussannaire
L’Agefi : Qu’est-ce qui pourrait entraîner un rebond du dollar? Nicolas Forest : Depuis près de 6 mois et malgré la normalisation monétaire, le dollar est en voie de dépréciation. Un tel revirement depuis le début de l’année s’explique largement par un sentiment de déception des investisseurs : de la croissance économique plus faible, du faible niveau de l’inflation et plus que jamais de la politique budgétaire dont sa visibilité n’a d’égale que sa versatilité. Dans ce contexte, les marchés ne croient pas aux estimations médianes de taux de la Fed. Deux facteurs pourraient conduire à un revirement de situation : une annonce de Trump sur une expansion budgétaire significative ou un rebond durable des salaires. Autrement l’appréciation du dollar ne serait que tactique.
La Fed réagit-elle aux variations du taux de change? Le premier mandat de la Fed est de contenir l’inflation et de stimuler la croissance. Le taux de change est plutôt une conséquence de sa politique monétaire qu’une variable d’analyse via le canal de transmission des taux d’intérêt. En resserrant ses conditions monétaires et en réduisant sa taille de bilan, elle devrait apprécier la devise. Mais grâce à une communication adéquate et sa fameuse «forward guidance» elle est capable de contenir une trop forte appréciation.
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire.
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
Fervent trumpiste, le président Karol Nawrocki, en guerre larvé avec le gouvernement polonais, a obtenu un traitement de faveur crucial de la Maison-Blanche