La croissance bénéficiaire redevient clé sur les actions américaines
Si les Etats-Unis s’en sortent bien avec une contraction du PIB à -2,4% pour 2020, leur marché actions semble déconnecté de la réalité économique à court terme. «Cette récession se distingue par sa soudaineté et des pertes d’emplois considérables, rapidement suivies d’un rebond significatif, quoique très incomplet. Après un dévissage massif, le marché actions a rapidement rebondi et enregistré plusieurs records historiques», note William De Vijlder.
Dans une étude où il compare les deux indicateurs par rapport à leur pic historique, il conclut : d’une part à une certaine corrélation, même si le niveau d’emploi témoigne d’un temps plus long pour refaire son retard (d’encore 10 millions d’emplois) ; d’autre part, que la crainte de la Fed d’un manque de dynamisme de l’économie a paradoxalement favorisé les envolées à Wall Street. Contrairement aux précédentes crises, où bénéfices réels (corrigés de l’inflation) et actions évoluaient de manière synchronisée, le rebond des bénéfices – sur la base d’une moyenne mobile de douze mois – se fait attendre. Pour 2020, «la baisse du taux sans risque a joué sur les actualisations à long terme, au-delà de la neutralisation de la hausse de prime de risque exigée qui découlait de l’incertitude», poursuit William De Vijlder. Le premier mécanisme étant acté avec des taux qui pourront difficilement aller plus bas malgré l’action de la Fed, la croissance bénéficiaire sera primordiale en 2021 pour conforter l’optimisme des investisseurs en actions.
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