La croissance asiatique ralentit sans annihiler la menace inflationniste
L’Asie ploie mais ne rompt pas. Face au spectre d’une moindre contribution des exportations à destination de pays développés qui souffrent d’un ralentissement économique, la Banque asiatique de développement (ADB) a revu en baisse ses perspectives de croissance pour l’Asie (soit 45 pays, hors Japon). A 7,5% tant pour 2011 que pour l’an prochain, des prévisions en repli respectivement de 0,3 et 0,2 point par rapport à celles publiées en avril. Pour les économistes d’Aurel BGC toutefois, l’avertissement de l’ADB indique que la croissance en Asie «va légèrement ralentir, mais rester robuste». Elle s’est établie à 9,0% l’an passé.
La Chine et l’Inde conservent leur rôle de locomotives. Même si les prévisions sur ces pays ont été révisées de 0,3 point (à 9,3 et 7,9% respectivement) pour 2011. Pour 2012, elles ont été abaissées de 0,1 et 0,5 point (à 9,1 et 8,3%).
Si ces données ajustées ne doivent laisser la place à aucune autosatisfaction selon la Banque asiatique de développement, son chef économiste, Changyong Rhee, estime que l’achat par les pays de la zone, au premier rang desquels la Chine, de dette souveraine européenne en souffrance peut jouer un «rôle symbolique important» pour favoriser une accalmie des marchés. L’économiste reconnaît qu’étant donné la dépendance de la région aux exportations, ce geste est tout autant salutaire pour l’Europe que pour l’Asie. Mais il ne sera pas suffisant pour «sauver le monde» dans l’hypothèse, écartée par Changyong Rhee, d’un scénario «crépusculaire» de défaut grec. Quoi qu’il en soit, l’ADB préconise une croissance moins dépendante de l’extérieur, particulièrement là encore en Chine, même si les échanges régionaux gagnent en importance.
Qui plus est, la robustesse de la croissance asiatique implique selon l’ADB que les Etats ne peuvent se permettre aucun répit dans la lutte contre l’inflation. Les tensions sur les cours des matières premières pourraient en effet ressurgir, et il ne faudra pas attendre le retour à meilleure fortune des économies occidentales pour poursuivre les efforts de resserrement monétaire. Car l’ADB estime désormais que l’inflation pourrait s’élever à 5,8% sur l’ensemble de la région cette année, contre une précédente prévision de 5,3%, tandis que le chiffre 2012 est inchangé à 4,6%. Pour la Chine, l’anticipation a été relevée de 0,7 point à 5,3% pour 2011.
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