La crise n’a pas affecté les primes versées dans les fusions-acquisitions
La crise a-t-elle eu un impact sur les prix offerts par les acquéreurs? En Europe, les statistiques de Dealogic montrent clairement que depuis deux trimestres, les primes offertes par rapport aux cours de Bourse tendent à reculer (voir graphique). Néanmoins, à 22% au premier trimestre ou 24% sur l’ensemble de 2008, ces primes restent supérieures à la moyenne de 2000-2007 de 19%. Idem dans le monde avec des chiffres de 29% et 26%, contre une moyenne de 23%.
Est-ce à dire que les acquéreurs surpaient aujourd’hui leurs opérations? RWE a certes inquiété en offrant 9,6 fois son Ebitda à Essent. Pour autant, les primes sont à relativiser. Car elles se réfèrent à des cours de Bourse (et donc des valorisations) qui ont lourdement chuté. Par exemple, le PE moyen en Europe est passé de 12,5 en 2007 à 7 en ce début d’année 2009, selon Bloomberg. Autrement dit, au vu des primes appliquées, on peut estimer qu’un acquéreur offrait il y a deux ans 14,6 fois le résultat net en moyenne alors qu’il ne propose plus en 2009 que 8,6 fois les bénéfices. Malgré le maintien de primes généreuses, la baisse des ratios de valorisation offerts (-41% depuis 2007) a donc pratiquement suivi celle des ratios de valorisations appliqués sur les marchés (-44%).
EDF en est un bon exemple. Le groupe a beau avoir parlé d’une prime de 96% pour son offre sur Constellation Energy en décembre, sa proposition fait ressortir un ratio VE/Ebitda de 7, alors que selon lui les valorisations moyennes étaient de 10 à 11 fois pour les transactions menées avant septembre 2008. De la même façon, il a offert 8 fois l’Ebitda pour British Energy à l’automne.
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