La Cour des Comptes épingle BpiFrance pour ses frais excessifs
La Cour des Comptes met en garde contre la «fragilité du modèle économique et financier» de la banque publique d’investissement (Bpifrance). Elle appelle donc dans son rapport très attendu, publié le 16 novembre, à une «une stabilisation de son activité» et à «une maîtrise rigoureuse de ses charges d’exploitation».
Les magistrats constatent une hausse des charges d’exploitation de 9% pour l’année 2016 qui concerne au premier chef la masse salariale, mais également différents coûts de fonctionnement liés à une politique immobilière inutilement couteuse et à des frais de déplacement et de représentation bien trop élevés. Cette hausse des charges crée une «base de coûts rigides» qui peut nuire à la rentabilité à moyen et long terme de son modèle financier.
Les bons résultats financiers de Bpifrance en termes de rentabilité autant que de solvabilité n’impressionnent guère les auteurs du rapport. Certes le produit net bancaire s’est accru de 37% pour un résultat net en hausse de 10% en 2015. Mais, selon la Cour des Comptes, la hausse du produit net bancaire résulte principalement de l’augmentation continue des encours de crédits, portés par un apport de financements publics, notamment de la part de l'état.
Or, Bpifrance financement prévoit de «ralentir l’augmentation de sa production dans le cadre de son plan à moyen terme 2016-2019». Elle ne pourra donc plus se reposer comme auparavant sur une hausse des encours de prêts grâce à laquelle elle a vu ses revenus augmenter ces dernières années.
La Cour des Comptes met donc en garde contre un «effet de ciseaux» qui verrait s’essouffler la croissance du produit net bancaire, alors que les charges, elles, ne feraient qu’augmenter.
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