La concurrence mondiale s’accroît pour attirer les IDE
Le dernier rapport sur l’investissement de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) montre que les investissements directs étrangers (IDE) ont globalement chuté en 2018 pour la troisième année consécutive. Dans les pays développés, ils ont reculé de 27%, à 557 milliards de dollars, même si «les perspectives sont plutôt encourageantes, avec une légère croissance et un rebond en Europe attendus cette année, note James Zhan, directeur de la division de l’investissement et des entreprises. À en juger par l’augmentation des annonces de projets d’investissements dans la création de capacités, les IDE amorcent une phase de reprise».
Si, en 2017, le recul s’expliquait par une faible activité de fusions-acquisitions, en 2018, il est la conséquence des réformes fiscales engagées aux États Unis, qui ont incité les multinationales américaines à rapatrier les bénéfices accumulés en Europe, alors que les fusions-acquisitions internationales atteignaient un pic insuffisant pour compenser. Les entrées d’IDE ont été réduites de moitié sur le Vieux Continent, ramenées à 172 milliards de dollars, plus bas de quinze ans, dont 66 milliards pour l’Irlande (-65) où sont hébergés de nombreux services financiers, et sont devenues négatives de 87 milliards pour la Suisse (-126 milliards). Au Royaume-Uni, les investissements ont aussi chuté de 36%, à 64 milliards. Les achats d’actifs européens par des multinationales américaines ont plus que doublé, à 172 milliards, et ceux par des multinationales européennes plus que quadruplé, à 119 milliards.
Aux Etats-Unis, les entrées d’IDE ont diminué de 9%, à 252 milliards de dollars, principalement en raison d’une contraction des prêts intragroupe (-16 milliards à 62 milliards). Les ventes nettes d’actifs américains à des étrangers ont été réduites d’un tiers, à 199 milliards, «faute de méga transactions». Cela reste le principal pays développé bénéficiaire, devant les Pays-Bas cette année, tandis que le Japon reste le principal apporteur d’IDE (+143 milliards), devant la France cette année.
Le rapport propose une analyse détaillée des zones économiques spéciales, zones franches à l’intérêt «relativement limité» dans les pays développés. Celles-ci sont plus globalement passées de 4.000 à 5.400 en cinq ans du fait d’une concurrence accrue, avec un «rôle clé» dans la transformation économique de certains pays. Elles sont au nombre de 2.543 en Chine, et 4.000 en Asie émergente où les entrées d’IDE atteignent 512 milliards (+4%), soit 39% du total mondial.
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