La chute des valorisations pourrait favoriser certaines OPA hostiles

Les offres non sollicitées ont représenté seulement 4,3 % des transactions annoncées sur des cibles cotées cette année contre 5,3% en 2009 et 2010
Yves-Marc Le Reour

Deux opérations significatives de croissance externe annoncées ces derniers jours présentent la particularité d’être des offres jugées hostiles par leur cible respective, ce qui est loin d’être courant. Il s’agit de la proposition de rachat aux Etats-Unis de Vulcan Materials par son concurrent Martin Marietta pour 4,8 milliards de dollars et de l’offre commune des chinois ENN Energy Holding et Sinopec sur China Gas pour l’équivalent de 2,1 milliards de dollars.

Selon les données compilées par Dealogic, la valeur cumulée des offres non sollicitées portant sur des cibles cotées depuis le début de cette année s’élève à 52 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Ce montant équivaut à seulement 4,3% des transactions annoncées (1.216 milliards de dollars) sur cette catégorie de sociétés. A titre de comparaison, cette proportion était de 5,3% sur chacune des deux années précédentes. Les transactions comprises entre 1 et 10 milliards de dollars représentent 57% de ces offres hostiles contre 25% pour celles supérieures à 10 milliards. Les opérations comprises entre 500 millions et 1 milliard s'élèvent à 11,3% du total et les opérations de moins de 500 millions (6,7%) ferment la marche.

Les freins au lancement d’une OPA hostile sont essentiellement liés au coût plus élevé de ce type d’opérations. Le prédateur devra en effet payer une prime plus importante pour convaincre les actionnaires de sa cible d’apporter leurs titres à l’offre et restreindre le risque d’intervention d’un «chevalier blanc», source de surenchère potentielle. A cela s’ajoutent des délais de mise en œuvre souvent rallongés pour un grand nombre de sociétés cotées dont une part importante du capital est contrôlée par quelques actionnaires de référence, avec lesquels l’acquéreur potentiel devra négocier.

Néanmoins, la chute des valorisations pourrait favoriser au cours des prochains mois le déclenchement de certaines offres hostiles dans les secteurs d’activité les moins cycliques. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le secteur de l’alimentation et des boissons représente en 2011 près d’un tiers du montant total des offres hostiles annoncées en 2011. Si l’OPA de 10 milliards de dollars lancée par le brasseur SAB Miller sur l’australien Foster’s y a largement contribué, ce secteur figurait aussi en tête du classement en 2007 et en 2008, autres années de crise financière.

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