Le pays a émis 6 milliards de dollars sur quatre tranches, la plus grosse émission de son histoire, avec des rendements historiquement bas.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Xavier Diaz
Le marché obligataire chinois en dollars totalise 740 milliards de dollars.
-
MaoNo/Pixabay
La Chine continue de se financer sur les marchés internationaux. Le pays a émis hier 6 milliards de dollars d’obligations sur quatre tranches de 1,5 milliard à 3 ans, de 2 milliards à 5 ans, de 2 milliards à 10 ans et de 500 millions à 20 ans. Un record après les 3 milliards émis l’an dernier et 2 milliards en 2017.
C’est la deuxième fois que le pays émet des obligations en devises étrangères cette année, après le placement de 4 milliards d’euros il y deux semaines, et la quatrième fois depuis que le pays a relancé, en 2017, son programme d’émissions d’obligations internationales. La demande a atteint 24 milliards de dollars. «L’opération s’est déroulée dans un contexte de regain d’appétit des investisseurs pour le risque avec des discussions entre la Chine et les Etats-Unis sur le commerce qui vont plutôt dans le bon sens», indique Christophe Cretot, responsable debt capital market pour l’Asie Pacifique chez Crédit Agricole CIB, qui a participé à l’émission. L’annonce d’une restructuration de la dette en dollars de la société chinoise Tewoo, la première pour une entreprise d’Etat, n’a pas affecté l’émission souveraine.
Cet intérêt marqué de la part des investisseurs, malgré le ralentissement de la croissance chinoise, a permis un resserrement des spreads par rapport à l’orientation initiale d’entre 10 et 25 points de base (pb), à 35 pb au-dessus du rendement de l’emprunt américain de même échéance pour l’obligation à 3 ans, 40 pb pour celle à 5 ans, 50 pb, à 10 ans et 70 pb à 20 ans. Les rendements sont même légèrement plus bas que ceux traités sur le marché secondaire sur les deux tranches à 3 et 5 ans. Les investisseurs asiatiques représentent deux tiers de la demande et les Européens un tiers.
La Chine se montre particulièrement opportuniste dans le contexte actuel de taux bas avec les rendements les plus bas jamais atteints pour les quatre maturités. L’objectif est de constituer une courbe en dollars et en euros. La courbe en dollars va désormais de 2022 à 2048. Cela permet aux autres émetteurs chinois de venir plus facilement sur ces marchés car ils disposent d’un rendement de référence. Le marché obligataire chinois en dollars totalise 740 milliards de dollars, selon Bloomberg. «Il y a une forte hausse des placements obligataires de la part d’émetteurs chinois sur le marché offshore», précise Christophe Cretot. Depuis le début de l’année, ce marché a établi un nouveau montant record d’émissions d’environ 200 milliards de dollars.
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre.
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi.
Après Alphabet sur le marché obligataire, Intel a bouclé une levée de 20 milliards de dollars à Wall Street. Ils ont tous deux profité d’une fenêtre de marché favorable après la correction de juillet. Nvidia a annoncé un accord de 500 milliards avec plusieurs fonds.
Jakarta a inauguré le 10 août ses premiers ETF adossés à de l'or physique, un pari sur une classe d'actifs dont les encours mondiaux ont franchi les 559 milliards de dollars en 2025.
Effectifs réduits, vigilance relâchée : les cyberpirates exploitent l’été pour frapper fort, obligeant les entreprises à renforcer leur résilience face à des attaques toujours plus sophistiquées et imprévisibles
Dans sa décision rendue vendredi 14 août, le Conseil constitutionnel censure certaines mesures de la loi, mais valide les dispositions phares du texte du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
DECRYPTAGE. Le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la loi d'interdiction des réseaux sociaux aux adolescents de moins de quinze ans, estimant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression