Le marché se limitera, à une date toujours inconnue, au secteur de l’énergie dans un premier temps. Il devrait représenter 39% des émissions totales de la Chine.
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Patrick Aussannaire
La Chine est le plus gros émetteur mondial de CO2.
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Crédit Thinkstock.
Le processus de décarbonisation ne peut pas être crédible sans le concours de la Chine. Le pays, qui est le plus gros émetteur mondial de CO2, a dévoilé hier les contours de son marché du carbone. Il se limitera au secteur de l’énergie dans un premier temps, avant d’être étendu au ciment et à l’aluminium d’ici à 2020. Malgré cette phase de restriction du marché, et une date de lancement encore inconnue, il devrait intégrer 3,5 milliards de tonnes par mètre cube émis par 1.700 sources et représenter 39% des émissions totales de la Chine, un niveau plus élevé que le marché européen. «Il était important que le plus gros émetteur mondial prenne la première place sur le climat et c’est ce que vient de faire la Chine», s’est ainsi félicité hier le président du Fonds chinois de défense de l’environnement (EDF), Fred Krupp.
Dans le cadre d’un programme pilote, sept régions à travers le pays expérimentent depuis 2013 des projets d’échanges de quotas d’émission de dioxyde de carbone (CO2) appelés «cap and trade», déjà adoptés en Europe et en Californie, consistant à imposer aux entreprises un plafond sur les émissions totales de CO2, puis leur allouer les quotas correspondant à ce plafond. À la fin de chaque année, les entreprises sont tenues de restituer un nombre de quotas équivalent à leurs émissions réelles et ont la possibilité d’en échanger sur le marché européen d’échange de quotas de CO2. Les premiers résultats des tests pilotes menés en Chine indiquent que le montant des transactions totales avait atteint 4.500 milliards de yuans (577 milliards d’euros) à fin septembre, selon la Commission de réforme (NDRC).
Le prix d’une tonne a varié de 10 à 40 yuans (soit 5,1 euros) au cours des trois dernières années d’expérimentation, une amplitude jugée trop faible pour créer la société verte prévue par la Chine pour 2030 qui nécessite un prix évoluant entre 53 et 252 yuans. Un sondage récent mené entre les mois de mars et juillet derniers par des organisations chinoises, montre que les 260 acteurs industriels du marché du carbone sondés anticipent en moyenne un prix de 74 yuans par tonne en 2020 et de 108 yuans en 2025, alors qu’il est estimé à seulement 37 yuans cette année. Sur le marché européen (European Union Emissions Trading Scheme - EU ETS), la cotation du prix de la tonne de carbone a atteint environ 7,5 euros, après être tombée à un plus bas de l’année de 4,28 euros au cours du mois de mai dernier.
Les faiblesses de la Chine demeurent : la demande intérieure baisse légèrement tandis que le secteur immobiliser subit à nouveau un fort recul, contrairement aux exportations qui ont augmenté au-delà des prévisions.
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