La Chine finit de baliser son marché du carbone
Le processus de décarbonisation ne peut pas être crédible sans le concours de la Chine. Le pays, qui est le plus gros émetteur mondial de CO2, a dévoilé hier les contours de son marché du carbone. Il se limitera au secteur de l’énergie dans un premier temps, avant d’être étendu au ciment et à l’aluminium d’ici à 2020. Malgré cette phase de restriction du marché, et une date de lancement encore inconnue, il devrait intégrer 3,5 milliards de tonnes par mètre cube émis par 1.700 sources et représenter 39% des émissions totales de la Chine, un niveau plus élevé que le marché européen. «Il était important que le plus gros émetteur mondial prenne la première place sur le climat et c’est ce que vient de faire la Chine», s’est ainsi félicité hier le président du Fonds chinois de défense de l’environnement (EDF), Fred Krupp.
Dans le cadre d’un programme pilote, sept régions à travers le pays expérimentent depuis 2013 des projets d’échanges de quotas d’émission de dioxyde de carbone (CO2) appelés «cap and trade», déjà adoptés en Europe et en Californie, consistant à imposer aux entreprises un plafond sur les émissions totales de CO2, puis leur allouer les quotas correspondant à ce plafond. À la fin de chaque année, les entreprises sont tenues de restituer un nombre de quotas équivalent à leurs émissions réelles et ont la possibilité d’en échanger sur le marché européen d’échange de quotas de CO2. Les premiers résultats des tests pilotes menés en Chine indiquent que le montant des transactions totales avait atteint 4.500 milliards de yuans (577 milliards d’euros) à fin septembre, selon la Commission de réforme (NDRC).
Le prix d’une tonne a varié de 10 à 40 yuans (soit 5,1 euros) au cours des trois dernières années d’expérimentation, une amplitude jugée trop faible pour créer la société verte prévue par la Chine pour 2030 qui nécessite un prix évoluant entre 53 et 252 yuans. Un sondage récent mené entre les mois de mars et juillet derniers par des organisations chinoises, montre que les 260 acteurs industriels du marché du carbone sondés anticipent en moyenne un prix de 74 yuans par tonne en 2020 et de 108 yuans en 2025, alors qu’il est estimé à seulement 37 yuans cette année. Sur le marché européen (European Union Emissions Trading Scheme - EU ETS), la cotation du prix de la tonne de carbone a atteint environ 7,5 euros, après être tombée à un plus bas de l’année de 4,28 euros au cours du mois de mai dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Le retard européen dans les véhicules électriques n’est pas irrémédiable
Longtemps plus un marché d'offre que de demande, le véhicule électrique gagne en intensité en Europe. Mais cette accélération de la demande pour les modèles électrifiés sur le Vieux Continent a jusqu’à présent servi les intérêts des grands constructeurs chinois. -
Le spécialiste chinois de l’IA DeepSeek devrait lever 10 milliards d’euros
L’opération pourrait valoriser la start-up plus de 65 milliards d’euros en amont d’une introduction en Bourse attendue en 2027. Les géants chinois CATL et Tencent participeraient à la levée de fonds. -
La Chine liquide ses fonds les plus fragiles
Plus de 300 fonds communs de placement pourraient fermer leurs portes d’ici à la fin de l’année, pénalisés par des performances décevantes, les rachats des investisseurs et la saturation du marché.
ETF à la Une
Schroders crée le poste de responsable du développement ETF pour la France, la Belgique et le Luxembourg
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
Contenu de nos partenaires
-
L'Odyssée de l'IAXavier Boileau (Oliver Wyman) : « Tout “souverainiser” coûte très cher, ne rien “souverainiser” crée une dépendance dangereuse à terme »
Le cabinet de conseil Oliver Wyman a publié des enquêtes « IA Agentique » auprès de 200 dirigeants de grandes entreprises en août 2026 -
Palestine : Mahmoud Abbas repousse les législatives d’une année, une présidentielle convoquée pour septembre 2027
Pour justifier sa décision, la présidence palestinienne évoque des « obstacles imposés par les mesures israéliennes qui empêchent la tenue des élections à la date initialement prévue ». L’Autorité palestinienne veut aussi « créer des conditions politiques, sécuritaires et concrètes appropriées afin de garantir des élections libres, équitables et inclusives » -
Intelligence artificielleLes 100 qui font l'IA en Europe (2026) : les constructeurs
Avec le cabinet de conseil Oliver Wyman, l'Opinion révèle les 16 personnalités de l'IA de la catégorie « constructeurs ». Ils se sont distingués cette année par leur influence sur l'essor de l'IA