La Caisse des dépôts s’attend à devoir renflouer certaines filiales
A une semaine de son départ, Michel Bouvard, le président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, a dressé un bilan sans fard des effets de la crise. Celle-ci a mordu sur les capacités d’intervention du groupe, et la future Banque publique d’investissement pourrait exiger davantage de fonds propres.
«Nous devons désormais utiliser nos marges de manœuvre de manière plus sélective», a souligné hier le député UMP de la Savoie, qui ne se représente pas aux élections. Avec une priorité claire, selon Michel Bouvard: «il faut que nous puissions être un actionnaire responsable vis-à-vis de nos filiales», dont la CDC tire en temps normal la majorité de ses résultats.
Or deux filiales, au moins, pourraient à l’avenir solliciter leur actionnaire de référence. La première est Veolia Transdev, détenue à 50%. Le fonds Cube, contrôlé par Natixis, a transmis à Veolia Environnement une nouvelle offre de rachat de sa part de 50% dans l’opérateur de transport public, qui devra être approuvée ou rejetée dans les prochains jours. La CDC dispose d’un droit de veto. La fiabilité de Cube n’est pas en doute. Reste à savoir si les conditions financières sont acceptables, et si le fonds infrastructure aura les reins assez solides pour accompagner le développement de Veolia Transdev.
«Participer à une nouvelle augmentation de capital fait partie des hypothèses de travail», révèle Michel Bouvard. Bien que la CDC privilégie une solution économe en fonds propres, «si les propositions à l’étude ne permettent pas de faire autrement que de remonter au capital de Veolia Transdev, il faudra s’y résoudre», admet le député. Dans tous les cas, l’opération financière aura un coût vu le prix proposé par Cube. «Il est évident que nous serons amenés à passer une nouvelle dépréciation sur Veolia Transdev», après celle de 545 millions d’euros enregistrée en 2011.
La deuxième filiale est la CNP, détenue à 40%, dont Michel Bouvard lorgnait la présidence. «La CNP est aujourd’hui sous-capitalisée et susceptible d’avoir besoin un jour d’une augmentation de capital», estime le parlementaire. La CDC en a déjà pris acte en optant pour le paiement en actions du dividende de l’assureur. Une déclaration qui a fait réagir la CNP: la compagnie rappelait hier que son ratio de solvabilité atteignait 193% à fin mars, et «aucun élément significatif n’est intervenu depuis».
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