Même si elle est contestée par quelques minoritaires, l’offre d’achat d’ICE ouvre une porte de sortie honorable pour les actionnaires du «Big Board»
Publié le
Alexandre Garabedian
La tradition américaine est respectée. A peine ICE et Nyse Euronext ont-ils publié leurs bans que les avocats battent le rappel contre le mariage des deux Bourses. Un fonds de pension du New Jersey a déposé plainte le 21 décembre devant la Cour suprême de New York contre le projet, qu’il juge trop favorable à ICE et aux dirigeants de Nyse Euronext, au détriment des actionnaires du «Big Board». Un investisseur individuel en avait fait autant la veille dans le Delaware. Le 24 décembre, le cabinet d’avocats Morgan & Morgan, spécialiste des class actions, a indiqué «enquêter» sur d’éventuels manquements des administrateurs de Nyse Euronext.
Ces différentes procédures donneront du grain à moudre à Wachtell Lipton, Slaughter & May et Stibbe, les conseils juridiques de Nyse Euronext, et à ceux d’ICE, Sullivan & Cromwell et Shearman & Sterling. Les marchés financiers, en revanche, n’ont pas l’air de considérer que Nyse Euronext ait été sous-valorisé dans la transaction, qui comprend trois options: cash, mixte ou 100% titres.
L’offre d’IntercontinentalExchange valorise en effet la Bourse transatlantique à 33,12 dollars par action, 37,7% de plus que la veille. Le titre a touché en séance 33,38 dollars à l’annonce de la transaction le 20 décembre, mais traitait hier sous les 32 dollars. Au cours de clôture de lundi, l’offre 100% titres d’ICE valorisait l’action Nyse Euronext à 32,27 dollars, tandis que l’offre mixte (11,27 dollars en numéraire et 0,1703 titre ICE) donnait un prix de 32,56 dollars. Dans tous les cas, Nyse Euronext s'échange sous le prix d’offre, et le marché semble donc exclure l’hypothèse d’une surenchère. Le candidat le plus évident, Nasdaq OMX, s’est déjà heurté il y a un an au veto de l’antitrust américain en raison d’un risque de monopole sur les listings.
Les actionnaires de Nyse Euronext peuvent même saluer cette porte de sortie. Avant l’offre, le groupe affichait la pire performance boursière annualisée sur 5 ans du secteur. Depuis le point bas du marché actions américain fin février 2009, le titre n’avait regagné que 42% de sa valeur là où ICE a pris 123%, et il se repliait de 20% depuis le 1er janvier 2011. En termes de PER, Nyse Euronext se payait 12 fois ses bénéfices contre plus de 17 pour ICE. Le reflet de l’écart croissant de valorisation entre des activités de cotation et de cash actions en perte de vitesse, et des dérivés en pleine croissance.
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