La Bourse de Shanghai entretient la flamme sur son compartiment international
Vieux serpent de mer, le projet du compartiment international de la Bourse de Shanghai pourrait bien faire surface pour de bon. «Nous sommes globalement prêts», a confié à Bloomberg le responsable du dossier au sein du marché chinois, son vice-président exécutif Xu Ming. Les cotations pourraient débuter «dès que possible une fois le moment opportun venu» selon le dirigeant, des termes sibyllins reflétant de son propre aveu l’absence de calendrier précis. Mais, promesse cruciale, Xu Ming, avance que tout est réglé concernant les aspects technologiques et réglementaires.
Toutefois, les autorités chinoises tiennent depuis des années un discours rassurant sur l’avancement du projet, laissant de nombreuses sociétés étrangères faire part de leur intérêt : de grands groupes tournés vers la grande consommation comme Unilever ou Coca-Cola, ou des établissements financiers comme HSBC, Standard Chartered ou Royal Bank of Scotland. Et jusqu’à Nyse Euronext. Les prétendants sont «très motivés» souligne Xu Ming. Les «red chips», ces sociétés chinoises de droit étranger cotées à Hong Kong, formeraient dans ce contexte un bataillon de premier plan. Cnooc, China Mobile ou Lenovo sont sur les rangs, le responsable de la Bourse de Shanghai assurant qu’aucune priorité ne leur sera a priori accordée.
Pékin voit certes dans l’avènement d’un compartiment dédié aux émetteurs étrangers une source de renouveau d’intérêt de la part des 85 millions de particuliers actionnaires. Même si la crainte d’afflux de capitaux spéculatifs constitue un obstacle de poids.
Du côté des sociétés étrangères, la cotation directe à Shanghai serait source de reconnaissance pour appuyer leur développement dans le pays. Outre cette «publicité», les émetteurs tireraient profit d’une source de financement en yuan. Tout cela au sein de la deuxième économie mondiale, qui reste une locomotive.
Xu Ming, disant ne pas avoir arrêté d’objectifs en termes de nombre d’émetteurs pour la première vague de cotation, assure que le marché boursier entend bien privilégier des sociétés disposant déjà d’activités en Chine, d’un historique de résultats relativement ancien et de principes de gouvernance d’entreprise bien établis. «Nous devons privilégier la protection du petit investisseur» indique le dirigeant pour justifier sa préférence envers des interlocuteurs «de bonne qualité».
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