La Bourse de Londres paie cher son pari sur les ETF
La Bourse de Londres se renforce dans les indices. Elle a annoncé hier le rachat au groupe Pearson des 50% de FTSE International qu’elle ne possédait pas encore pour 450 millions de livres L’opération, qui devrait être conclue au premier trimestre de l’année prochaine, marque la volonté du London Stock Exchange de se renforcer sur les dérivés et les ETF.
FTSE International calcule et gère plus de 200.000 indices à travers le monde, dont l’emblématique FTSE 100. Ces indices sont liés à 3.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion et servent notamment de référence aux produits à succès que sont les ETF. Le LSE a indiqué qu’il ne comptait pas changer le fonctionnement des indices ni remettre en cause ses partenariats actuels.
Le LSE est resté très vague sur les raisons qui ont motivé l’opération. Le patron du groupe, Xavier Rolet, s’est contenté d’affirmer dans un communiqué que cet achat «confirmait la stratégie de diversification de la société». Celui-ci doit lui permettre de faire face au succès de plates-formes alternatives comme Chi-X et au rapprochement, qui reste à approuver par Bruxelles, de Nyse Euronext et Deutsche Börse. Dans cette optique, le LSE a lancé une activité d’échange de dérivés actions et indices, Turquoise Derivatives.
Les dérivés sont devenus un relais de croissance essentiel pour les opérateurs boursiers alors que les régulations initiées par le G20 devraient en pousser beaucoup vers des plates-formes d’échange et des chambres de compensation. Les indices sont des bases idéales au développement de ces produits et sont donc jalousement conservés par leurs propriétaires. Ainsi, Deutsche Börse qui possède les indices Stoxx tergiverse pour autoriser leur utilisation par d’autres opérateurs pour développer des dérivés.
Toujours pour se diversifier, le LSE est en négociation pour obtenir une part majoritaire de la chambre de compensation franco-britannique LCH.Clearnet. La Bourse pourrait mettre jusqu’à 1 milliard d’euros pour cette opération selon le Financial Times. Jusqu’à nouvel ordre, le rachat de FTSE International représente l’acquisition la plus importante depuis le rachat de Borsa Italiana en 2007. Mais à 22,5 fois l’Ebitda 2010, le prix payé pour réaliser cette opération est élevé. Selon Numis Securities, «le LSE paye 96 fois le bénéfice net historique de 9,4 millions de livres. C’est énorme».
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