La Bourse attend positivement l’offre améliorée de Veolia sur Suez
Le cours de l’action Suez progresse de 3,62% à 14,74 euros vendredi matin à la Bourse de Paris alors qu’Antoine Frérot, le PDG de Veolia, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il « présentera ce soir au conseil d’administration d’Engie une offre améliorée sur Suez », par rapport à celle dévoilée fin août. « Le prix de l’offre sera amélioré, mais je ne dis pas combien », a ajouté Antoine Frérot, en ajoutant que le prix n’est pas le seul critère.
Ces améliorations portent sur l’ensemble des points de précision demandés par Engie, a expliqué Antoine Frérot. « Les engagements sociaux sont formalisés dans courrier qui sera transmis au conseil d’administration d’Engie », a indiqué le PDG de Veolia, qui a rencontré jeudi Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie.
Concernant la gouvernance, Antoine Frérot se dit ouvert. Sur les douze membres du comité exécutif (Comex) du nouveau groupe, 4 à 5 personnes pourraient venir de Suez. « Ce serait la même chose dans les rangs de direction par pays », a ajouté Antoine Frérot. Selon le PDG, « le conseil d’administration de Veolia accepte l’idée de mixer le conseil. Il accueillerait un administrateur salarié venant de Suez ».
Antoine Frérot a assuré que « Veolia a les moyens financiers de remonter son offre en respectant sa discipline financière ». L’augmentation de capital envisagée « serait d’un montant limité » et la « dette financière sur Ebitda resterait inférieure à 3 fois dès la deuxième année après l’OPA ». Le rachat de 29% du capital de Suez à Engie coûterait 3,1 milliards d’euros au prix de 15,5 euros par action actuellement proposé par Veolia. Le groupe devrait ajouter plus de 6 milliards d’euros pour racheter les autres actionnaires.
Vendredi matin, le cours de l’action Veolia gagne 1,25% à 18,17 euros.
« Le conseil d’administration d’Engie d’aujourd’hui ne sera pas nécessairement décisif », a toutefois ajouté Antoine Frérot. Le conseil de vendredi a d’ailleurs été transformé en réunion de travail informelle. En revanche, un nouveau conseil d’administration d’Engie est programmé pour le 30 septembre, date après laquelle l’offre de Veolia s’éteindra.
Désamorcer la pilule empoisonnée
Malgré la mise en place par Suez d’une pilule empoisonnée, avec la sanctuarisation pour quatre ans de la division eau France dans une fondation néerlandaise, Antoine Frérot a assuré de sa volonté de poursuivre son offre, même si celle-ci est « handicapante ». Tant que la pilule empoisonnée de Suez ne sera pas désamorcée, le rapprochement ne pourra pas être exécuté comme prévu, a reconnu le PDG. « Je n’ai pas encore la voie pour désamorcer la pilule empoisonnée, mais toutes les voies sont possibles », a indiqué Antoine Frérot.
« La fondation de Suez démontre que le groupe n’a ni projet ni offre alternatifs. C’est une démarche en contradiction avec les règles de gouvernance qui fait perdre de la valeur à Suez », a critiqué le PDG de Veolia.
S’il venait à acheter le bloc de 29,9% de Suez à Engie, Veolia a confirmé qu’il lancerait une offre publique sur le solde du capital. « Le prix exact de l’OPA sur Suez sera connu une fois acheté le bloc de 29% à Engie », a précisé Antoine Frérot. Il a confirmé que « le prix de 15,5 euros par action Suez proposé à Engie servirait de référence ».
Plus d'articles du même thème
-
IK Partners et NextStage vont finalement retirer Eurobio de la cote parisienne
Après avoir échoué de justesse à atteindre le seuil permettant d'enclencher le retrait de la cote en 2024, la holding de contrôle d'Eurobio, EB Development (réunissant IK Partners, NextStage AM et les dirigeants d'Eurobio Scientific), lance une offre de retrait suivie d'un retrait obligatoire, au même prix qu'il y a deux ans. -
Banco BPM ne ferme pas la porte à l’offre de Monte dei Paschi
La banque de Giuseppe Castagna a annoncé qu’elle allait examiner officiellement l’offre de la banque toscane. Elle estime toutefois que celle-ci ne prévoit aucune prime pour ses actionnaires et qu’il s’agit d’une acquisition, et non d’une fusion entre égaux. -
Monte dei Paschi officialise son appétit d'ogre pour Banco BPM et Banca Generali
Les deux offres d'achat seront soumises au vote des actionnaires de la banque de Sienne le 29 octobre.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.