La BCE veut en savoir davantage sur les cryptomonnaies
La collecte de données sur les cryptoactifs, essentielle en raison des risques liés à ces nouvelles monnaies, n’est pas parfaite.
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Bertrand de Meyer
La BCE examine le sujet des cryptoactifs dans son bulletin économique publié hier.
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Atrium de la BCE / Crédit ECB Robert Metsch.
Alors que l’inquiétude monte chez les régulateurs depuis l’annonce de la création du Libra, la Banque centrale européenne (BCE) se penche sur les cryptoactifs dans son bulletin économique publié hier. L’institution s’attache d’abord à définir le sujet comme «un nouveau type d’actif enregistré sous forme numérique et rendu possible par l’utilisation d’une cryptographie qui n’est pas et ne représente pas une créance financière ou un passif sur une entité identifiable». Lourde de sens, cette définition ne s’attache pas tant à distinguer les cryptomonnaies à partir des technologies sur lesquelles elles sont construites – registre distribué ou partagé (DLT) - mais «l’accent est mis sur la dimension réglementaire, économique et commerciale des actifs cryptographiques en tant que nouvelle classe d’actifs».
Évaluation difficile, importante volatilité
En conséquence, les détenteurs de cryptomonnaies encourent des risques tout comme n’importe quel détenteur d’actifs. Ne s’appuyant pas sur une créance financière, les monnaies virtuelles manquent de valeur fondamentale, rendant leur évaluation difficile et nourrissant une importante volatilité alors même que les régulations en place ne les couvrent pas. Pire, comme elles sont basées sur la technologie DLT, il est impossible d’établir clairement le rôle de chacun en cas de problème. Surtout, des risques existent «pouvant affecter la stabilité et l’efficacité du système financier et de l’économie» en fonction du degré d’interconnexion. Celui-ci s’explique par la possibilité pour les institutions financières d’investir dans ces nouveaux actifs, leur présence dans les dérivés et les véhicules d’investissement ainsi que le paiement de détail.
En raison de ces risques, la collecte de données est essentielle, mais pas toujours possible. En effet, «d’un côté, le caractère public des réseaux DLT cryptoactifs assure généralement la transparence (...). De l’autre côté, la nature décentralisée et (partiellement) non régulée des activités de cryptoactifs rend difficile l’obtention de données spécifiques (...) et l’organisation de efforts de collecte systématique de données». Les données sont ainsi difficiles à récupérer concernant les interconnexions avec le système financier, les transactions sur carte avec cryptomonnaies et les accords passés avec ces nouveaux actifs.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
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