La BCE lance un plan d’urgence d’achats d’obligations de 750 milliards d’euros
La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé dans la nuit de mercredi à jeudi, à la suite d’une réunion d’urgence, un nouveau programme d’achat d’obligations d’un montant de 750 milliards d’euros, visant à protéger l'économie de la zone euro contre les répercussions de la pandémie de coronavirus.
Cette initiative inattendue, annoncée peu de jours après la dernière réunion du conseil des gouverneurs et après une série de messages contradictoires, illustre l’urgence de la situation en Europe. Les taux des obligations des pays européens ont bondi ces derniers jours.
Dans un communiqué, la BCE explique qu’elle achètera 750 milliards d’euros d’actifs des secteurs public et privé au moins jusqu'à la fin de l’année, et peut-être au-delà. Ces achats - baptisés Programme d’achat d’urgence pandémique (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP) - porteront notamment sur la dette souveraine grecque, qui était exclue des précédents programmes d’achat d’obligations de la BCE.
«Ces mesures devraient permettre de réduire la fragmentation financière qui était apparue et s’était accentuée après la conférence de presse de la BCE la semaine dernière, réagit Philippe Waechter, économiste d’Ostrum AM. C’est cela qui est important. Les gouvernements vont pouvoir mettre en œuvre leurs programmes de dépenses qui se traduiront par une hausse spectaculaire des déficits publics mais sans avoir trop à se soucier du niveau des taux d’intérêt puisque la BCE sera en face.»
Pas de limites
La BCE pourra acheter près de 120 milliards d’euros par mois de dette de la zone euro jusqu'à la fin de l’année - le montant le plus élevé jamais atteint. Selon les règles du programme, la BCE pourrait concentrer ses achats à court terme sur l’Italie et d’autres Etats en difficulté.
Le PEPP s’appliquera aussi aux emprunts d’Etat grecs, qui n'étaient pas éligibles jusqu'à présent aux achats de la BCE.
La Banque centrale européenne indique qu’elle pourrait modifier les limites qu’elle s’est elle-même imposées pour son programme d’achat d’obligations, brisant ainsi un tabou. Cela pourrait lui donner la possibilité d’acheter plus d’un tiers de l’encours de dette d’Etats comme l’Italie.
L’institution a par ailleurs élargi sa capacité d’achat de dettes d’entreprise en l'étendant aumarché des billets de trésorerie pour les entreprises non fiancières. Ce marché du financement à court terme ne fonctionnait plus depuis quelques jours.
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