La récession est au bout du confinement
Les mesures énergiques de confinement ont permis de stopper la propagation du coronavirus en Chine mais avec un coût économique élevé. Les premiers indicateurs de ventes de logements et d’automobiles donnaient déjà une idée du coup d’arrêt. Les statistiques publiées pour janvier et février témoignent de son ampleur : les ventes de détail ont chuté de 20,5% sur un an tandis que la production industrielle a chuté de 13,5% au plus bas depuis plus de trente ans. L’économie chinoise devrait probablement être en contraction au premier trimestre, et l’effet pourrait se prolonger au deuxième trimestre car l’activité repart mais très lentement.
«Les données économiques de début d’année en Chine confirment que le coût à court terme des fermetures décrétées ailleurs dans le monde sera significatif», affirme Ben May, économiste chez Oxford Economics. L’Italie sera l’un des pays les plus pénalisés avec une contraction attendue de son PIB de 2% aux premier et deuxième trimestres, selon cet expert. Les économistes de Goldman Sachs ont revu en baisse leurs prévisions de croissance pour les Etats-Unis à un PIB stable au premier trimestre et contraction de 0,5% au deuxième.
L’ensemble de l'économie est frappé
«Il est évident qu’une mise en quarantaine est synonyme de récession immédiate», juge Christopher Dembik, économiste chez Saxobank. Ce dernier anticipe deux à trois trimestres de contraction pour la plupart des économies. «Nous ne sommes pas dans le cadre d’une récession classique touchant 60% de l’économie. Là, le phénomène est unique puisqu’il frappe l’ensemble de l’économie», note-t-il. D’autant plus que la baisse du baril de pétrole a un effet récessif. «Le caractère instantané, global et interconnecté de la situation actuelle s’apparente à une situation de guerre avec une activité limitée à son minimum», juge William de Vijlder, chef économiste chez BNP Paribas. Toutefois contrairement à ce type d’événement, dans le cas du coronavirus il n’y aura pas l’effet d’entraînement d’une reconstruction.
BNP Paribas anticipe une contraction de l’activité de 1% en Europe cette année et une stabilité du PIB aux Etats-Unis. Au niveau mondial, dans son scénario d’une pandémie, l’OCDE anticipait une croissance de 1,5% au niveau mondial, autrement dit une récession dans certains pays. Le risque est que cette crise ne vire à la crise financière avec le spectre d’un effondrement du marché crédit américain.
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