La BCE donne un coup de fouet aux dettes périphériques
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Xavier Diaz
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La réaction ne s’est pas fait attendre. Les rendements des emprunts périphériques, notamment de l’Italie, se sont fortement détendus après l’annonce par la Banque centrale européenne (BCE) de l’augmentation de la taille de son programme d’achats d’urgence PEPP (pandemic emergency purchase programme) lancé fin mars pour faire face au choc économique provoqué par le coronavirus. Celui-ci est accru de 600 milliards d’euros à 1.350 milliards tandis que sa durée est étendue de fin 2020 à fin juin 2021. Les tombées des obligations achetées dans le cadre du PEPP seront réinvesties jusqu’à fin 2022, a précisé l’institution de Francfort.
Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a expliqué que ce montant avait fait l’objet d’un large consensus au sein du conseil. Cela doit permettre de faire face au resserrement des conditions financières, à un moment où l’économie a besoin de conditions favorables, et d’éviter la fragmentation au sein de la zone euro qui menace toujours. Le rendement de l’emprunt à 10 ans italien se détendait de 16 points de base (pb) à 1,39% après cette annonce et le spread avec les taux allemands de 19 pb. Le rendement à 10 ans espagnol se détendait de 7 pb (0,54%) et celui de l’OAT 10 ans de 2 pb (-0,02%). L’euro accentuait sa hausse face au dollar à près de 1,13 dollar.
La BCE, qui a maintenu l’ensemble de ses taux et la taille de son APP (son programme d’achat), se tient prête à ajuster l’ensemble de ses instruments afin que l’inflation converge vers son objectif, dont elle aujourd’hui est loin. Ses économistes ont revu en forte baisse leurs prévisions de croissance et d’inflation pour 2020, 2021 et 2022. La BCE prévoit désormais une contraction du PIB de 8,7% cette année en zone euro avant un rebond de 5,2% en 2021 et une inflation de seulement 0,3% cette année en 2020. Mais l’incertitude reste importante et la BCE prévoit deux scénarios alternatifs, précisant que les risques sont baissiers.
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