La BCE crée un nouvel outil pour soutenir la liquidité
La Banque centrale européenne a laissé ses taux d’intérêt et le montant de ses achats d’actifs inchangés jeudi, après l’adoption ces dernières semaines de nombreuses mesures de soutien à l'économie de la zone euro, fragilisée par les mesures de confinement mises en oeuvres par les Etats pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
Mais la BCE a annoncé une nouveauté : le lancement d’une série d’opérations non ciblées de refinancement à long terme d’urgence pandémique (PELTRO), « menée pour soutenir les conditions de liquidité dans le système financier de la zone euro et contribuer à préserver le bon fonctionnement des marchés monétaires en fournissant un filet de sécurité efficace en matière de liquidité ».
Au total, la BCE procédera à sept opérations PELTRO à compter de mai 2020, qui arriveront à échéance selon une séquence échelonnée entre juillet et septembre 2021, en fonction de la durée des mesures d’assouplissement des garanties. Elles seront effectuées avec un taux d’intérêt inférieur de 25 points de base au taux moyen des opérations principales de refinancement en vigueur pendant la durée de chaque PELTRO.
TLTRO assouplis
L’institution a également assoupli les conditions associées à ses opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO), décidant de réduire le taux d’intérêt des opérations TLTRO III au cours de la période allant de juin 2020 à juin 2021 à 50 points de base en dessous du taux d’intérêt moyen des opérations principales de refinancement de l’Eurosystème en vigueur au cours de la même période.
La BCE a indiqué qu’elle laissait son principal taux de refinancement à 0%, soit le niveau auquel il se trouve depuis mars 2016, et son taux de rémunération des dépôts à -0,5%.
La banque centrale a également confirmé ses indications prospectives (forward guidance) sur les taux, indiquant qu’ils resteraient à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu’au retour de l’inflation à un niveau « proche de mais inférieur à 2% ».
Le QE durera aussi longtemps que nécessaire
Comme annoncé précédemment, le programme d’assouplissement quantitatif (QE), qui a repris le 1er novembre 2019 et portait initialement sur un volume d’achat de 20 milliards d’euros d’actifs par mois, bénéficie d’une enveloppe supplémentaire de 120 milliards d’euros pour le reste de l’année 2020, tandis que le Programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) de 750 milliards d’euros, lancé en mars afin de protéger la zone euro contre les répercussions économiques de la crise sanitaire, se poursuit.
Le QE continuera aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l’effet accommodant de la politique de taux, a indiqué la BCE dans son communiqué. Il prendra fin peu avant le premier relèvement des taux d’intérêt.
La BCE a répété qu’elle comptait réinvestir la totalité du produit des obligations arrivant à échéance, acquises dans le cadre de son programme d’achats d’actifs, pendant une période prolongée après sa première hausse des taux d’intérêt.
Si de nombreux investisseurs s’attendaient au statu quo, les marchés pensent que la BCE augmentera le montant et la durée du PEPP dans le courant de l’année, afin de répondre à la contraction de l'économie et aux lourdes dépenses engagées par les Etats ces dernières semaines. Eurostat, l’agence européenne de la statistique, a annoncé jeudi matin que le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro s'était contracté de 3,8% au premier trimestre, période marquée par le début des mesures de confinement dans de nombreux pays d’Europe, dont l’Italie, l’Espagne, la France et l’Allemagne.
La BCE pourrait toutefois attendre sa prochaine réunion, prévue le 4 juin, avant de prendre une décision sur le PEPP. Les banquiers centraux attendent en effet des précisions sur le projet de fonds de relance de l’Union européenne pour faire face à la crise sanitaire et économique provoquée par le coronavirus et disposeront alors des dernières projections économiques de ses équipes.
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