La BCE confirme son intention de recourir à l’arme TLTRO
Face à la dégradation de l’activité et à l’impact des remboursements de TLTRO 2 sur son bilan, Benoit Coeuré a indiqué que de nouvelles opérations étaient possibles.
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Patrick Aussannaire
Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, est cité comme le successeur possible de Mario Draghi.
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Crédit ECB.
Le prochain lancement de nouvelles opérations TLTRO par la Banque centrale européenne (BCE) ne semble plus laisser aucun doute. Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, et cité comme le successeur possible de Mario Draghi à sa tête, a confirmé que le projet est actuellement en discussion et que sa mise en place est possible. Pour sonder son impact potentiel, il suffit de constater la réaction des marchés vendredi après cette déclaration, qui a profité aux rendements des pays périphériques, et notamment italiens, redevenus stables sur la partie 10 ans après s’être tendus d’environ 8 pb en début de séance. A ce resserrement des spreads s’est ajouté le recul de l’euro, repassé sous le seuil de 1,13 face au dollar, malgré le discours récent également très accommodant de la Fed.
Le remboursement des 380 milliards d’euros de TLTRO 2 au mois de juin 2020 aura un impact négatif mécanique sur le bilan de la BCE, pouvant conduire à un durcissement des conditions monétaires non souhaité. «Utiliser le dernier système ‘full allotment’ à taux fixe serait trop accommodant, et enverrait le signal que les taux ne seront pas relevés pendant deux ans. Un système ‘full allotment’ à taux variable sur les nouveaux TLTRO apporterait aux banques un répit concernant leur ratio de financement stable net NSFR, en évitant ce biais trop accommodant», estime Citigroup. Malgré la stabilisation des crédits au secteur privé en zone euro autour de 3,3% en rythme annuel, ménages et entreprises montrent une moindre appétence, et les banques ne prévoient plus d’assouplir leurs conditions d’octroi début 2019.
Pour justifier son discours, Benoît Coeuré a cité le ralentissement plus fort que prévu de l’activité dans la zone euro, ainsi que le fléchissement de la trajectoire d’inflation. S’il faudra patienter jusqu’au 7 mars pour découvrir les nouvelles prévisions de la BCE, celles-ci sont attendues en baisse, ce qui repousserait davantage les anticipations de la première hausse de taux directeur, que le marché n’attend plus avant mars 2020. Dans ce contexte, la première estimation demain de l’indice PMI en zone euro sera suivie avec attention pour sonder une éventuelle reprise de l’activité. «La forte détérioration des perspectives de croissance et la chute des anticipations d’inflation devraient inciter la BCE à retarder sa normalisation, et à envisager sérieusement de reprendre ses rachats de titres assez vite», estimait Fitch vendredi.
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