La BCE achète principalement des titres aux non-résidents
A qui l’eurosystème a-t-il acheté la masse des titres qui ont contribué à gonfler le bilan de la BCE, passé de 2.028 milliards d’euros en novembre 2014 à 4.540 milliards en avril 2018 ? La réponse n’est pas indifférente, l’objectif du quantitative easing étant bien sûr de peser sur les taux d’intérêt, via des achats d’obligations, mais aussi de soutenir les banques en position difficile, afin de leur permettre d’accorder des prêts. Comme le souligne la Banque de France dans une note récente (Rue de la Banque, avril 2018), citant plusieurs études d'économistes, «des achats auprès des institutions financières les plus en difficulté seraient de nature à desserrer les contraintes de crédit». Sous-entendu, auprès des banques de la périphérie de la zone euro.
Tendance identique pour 2017
Or, indique la Banque de France, ce sont d’abord des acteurs non résidents (hors zone euro) qui ont vendu leurs titres à la BCE depuis 2015. Viennent ensuite les banques des pays de l’UEM dits «non vulnérables» (cœur de l’Europe) et enfin, dans une moindre mesure, celles situées en Italie, Espagne, Portugal… Précisément, jusqu’à fin 2016 – la tendance serait la même pour 2017 – les non-résidents ont vendu, en net, l’équivalent de 58% du total des obligations souveraines achetées par la BCE, qui représente 1.198 milliards d’euros. Ils ont ainsi soldé 30% des obligations souveraines zone euro qu’ils détenaient auparavant en portefeuille (en moyenne, sur la période 2013-2014). Les banques du cœur de l’Europe ont vendu l’équivalent de 13% des achats de titres souverains effectués par la BCE, et celles des pays les plus fragiles 9%. Les assureurs ont, en revanche, continué d’acheter ces titres, notamment ceux de la périphérie.
S’agissant des obligations d’entreprises, les non-résidents ont eux aussi été les premiers vendeurs, tandis que les banques des pays dits vulnérables (Italie, Portugal, Espagne..) n’en ont quasiment pas cédé. En ce qui concerne les titres adossés à des actifs (ABS) et obligations sécurisées, les banques du cœur de la zone euro en ont vendu quasiment autant – toujours en net – que les non-résidents, soit un peu plus d’une centaine de milliards d’euros chacun. Les établissements des pays périphériques ont cédé la moitié de ce montant.
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