La banque d’investissement prend sa revanche sur le trading chez Goldman Sachs
Le trading a fait trébucher Goldman Sachs. Le chiffre d’affaire de cette activité emblématique au sein de la banque new-yorkaise a en effet accusé à 3,52 milliards de dollars au deuxième trimestre un repli de 47% par rapport au précédent et de 29% par rapport au deuxième trimestre 2010. Le trading sur obligations, devises et matières premières a particulièrement souffert, chutant de 63% d’un trimestre à l’autre à 1,6 milliard, se laissant surclasser par le trading actions.
Le PDG Lloyd Blankfein a justifié ces résultats «décevants» par une «réduction du risque de marché en réponse à une volonté de gérer les fluctuations de prix et la liquidité du marché». Goldman Sachs aurait ainsi fait vœu de prudence, ce qui restera à vérifier à l’avenir pour une activité aux résultats par essence volatils. Le dirigeant n’a pas non plus manqué d’évoquer l’environnement macroéconomique mondial incertain. Il n’empêche que dans ce contexte Goldman Sachs s’est laissée distancer par ses rivales, JPMorgan et Citigroup concédant des baisses de 17 et 21% de leur activité de trading d’un trimestre à l’autre.
Ce revers de fortune explique la baisse de 39% du chiffre d’affaires total par rapport au premier trimestre à 7,28 milliards de dollars. A l’inverse, l’activité de banque d’investissement a affiché des résultats flatteurs, avec des revenus de 1,45 milliard de dollars bondissant de 14% d’un trimestre à l’autre et de 54% sur un an. La part de ce pôle dans l’activité totale de Goldman Sachs grimpe ainsi à 20%, soit 9 points de mieux que l’an passé, tandis que celle du trading concède un repli de 8 points à 48%. La banque a particulièrement fait des merveilles dans le conseil en fusions-acquisitions, dont les revenus ont progressé par rapport au premier trimestre de 78% (35% sur un an) à 637 millions, tandis que les émissions d’obligations ou d’actions ont marqué le pas (-11% face au premier trimestre). Goldman Sachs revendique le premier rang mondial de conseil sur les M&A annoncées depuis le début de l’année.
La banque a poursuivi ses efforts de réduction des coûts d’exploitation, qui affichent une baisse de 23% par rapport à l’an dernier à 5,67 milliards de dollars. Le bénéfice net du deuxième trimestre, est pour sa part en hausse de 77% à 1,05 milliard. Il affiche pourtant un repli de 33% hors éléments exceptionnels subis l’an passé.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre