La Banque d’Angleterre s’oriente vers des achats plus «verts»
C’est l’une des annonces les plus importantes de la présentation du budget britannique mercredi. Le ministre des Finances, Rishi Sunak, a donné un nouveau mandat au comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre (BoE). S’il conserve ses deux objectifs de stabilité des prix – symétrique autour d’une cible d’inflation à 2% – et de soutien de la politique économique, il devra désormais soutenir les efforts pour rendre l’économie britannique plus verte et atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
Le chancelier de l’Echiquier a bien précisé dans son courrier au gouverneur Andrew Bailey que la BOE doit «modifier son approche en matière d’achats d’obligations d’entreprises», sachant que la facilité Covid Corporate Financing Facility (CCFF) lancée en mars 2020 se monte à 20 milliards de livres, déjà investis à hauteur de 11,6 milliards. Il a aussi affiché cette volonté politique pour l’environnement dans sa présentation du budget, mais les militants écologistes comme Greenpeace ont été déçus par l’absence d’importants moyens consacrés à ces objectifs, alors que le Royaume-Uni présidera la COP 26 en novembre à Glasgow. En dehors des premières obligations vertes à émettre en 2021 et de la création d’une banque des infrastructures qui financera nécessairement des énergies renouvelables, «le budget était plutôt pauvre en initiatives sur ce thème, et le gouvernement se reporte donc en quelque sorte sur la BoE. Il y a d’ailleurs un enjeu stratégique post-Brexit à essayer de placer la City comme le centre névralgique de la finance verte», rappelle Pierre Blanchet, responsable de l’Intelligence économique chez Amundi.
La banque centrale, dont les recherches ont montré qu’elle soutenait encore trop d’industries polluantes, a confirmé qu’elle ajusterait ses achats d’obligations d’entreprises «pour tenir compte de l’impact climatique des émetteurs», a priori au quatrième trimestre. Karen Ward, stratégiste EMEA de JPMorgan AM, a estimé que les investisseurs ne devraient pas sous-estimer l’effet «considérable» de cette réforme sur l’investissement durable. La BoE devrait cibler uniquement ses nouveaux achats dans un premier temps. «Je ne pense pas qu’elle pourrait adopter une stratégie trop agressive en acquérant uniquement des ‘green bonds’ à partir de là, ne serait-ce que parce qu’il n’y a généralement pas assez de ‘projets verts’ à financer et que ceux-ci, notamment lorsqu’on parle d’infrastructures, sont très longs à mettre en place», estime Pierre Blanchet.
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