La Banque centrale indienne fait fi de la croissance pour dompter l’inflation
L’inflation reste la cible de la Banque centrale indienne. Cette dernière a poursuivi hier son cycle de resserrement monétaire en vue de contenir la hausse des prix, aux dépens des ambitions gouvernementales de croissance économique.
La Reserve Bank of India a relevé pour la neuvième fois depuis mars 2010 son taux directeur, le taux repo auquel elle prête aux banques, d’un demi-point contre un quart attendu, à 7,25%. Ce taux sera désormais la seule variable d’ajustement de la politique monétaire, le taux «reverse repo» correspondant au taux d’absorption des excédents de liquidités, lui aussi relevé d’un demi-point hier, étant désormais fixé à 100 points de base en-deçà du taux repo. Si l’ampleur du geste a surpris, l’attente d’un geste était unanime.
Pas de doute pour le gouverneur de la RBI, Duvvuri Subbarao, «les taux actuellement élevés d’inflation mettent en péril la croissance économique future». Plus que jamais la RBI doit donc s’affranchir des considérations de dynamisation à court terme de la croissance de la part du gouvernement. Ce dernier s’en tient à une prévision de croissance de 9% pour l’exercice fiscal en cours à mars 2012 (contre 8,6% estimés pour 2010/2011). Un point de mieux tout de même que l’estimation de la banque centrale. Ramya Suryanarayanan, chez DBS Bank, estime que la RBI n’a d’autre choix que d’envoyer un signal clair pour prouver sa volonté de dompter l’inflation, dont le niveau à la hausse ne cesse de surprendre. L’inflation devrait en effet selon la Reserve Bank of India rester voisine de 9% jusqu’en septembre, issue du premier trimestre fiscal. Pour retomber à 6% environ six mois plus tard.
L’économiste de DBD Bank s’attend dès lors à un nouveau tour de vis monétaire d’un demi-point d’ici à juillet. Ce mouvement semble aussi inéluctable pour Ashutosh Datar chez IIFL, d’ici à fin 2011. La suite dépendra selon cet économiste de l’évolution des prix des matières premières. Avant le relèvement consenti hier, le consensus Reuters misait pourtant sur une hausse limitée à 75 points de base en 2011. La Banque centrale, elle, se montre soucieuse d’observer l’intensité de la transmission des pressions inflationnistes des prix à la production vers les prix à la consommation. Un «effet de second tour» qui n’offrira «aucun répit» à la banque centrale selon l'économiste de Barclays.
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