La baisse de valeur de Morgan Stanley Smith Barney embarrasse Citigroup

Morgan Stanley dispose d’une option pour acquérir en mai prochain 14% de plus de la société commune
Antoine Landrot

Après un exercice 2011 décevant sur les marchés mais positif dans la banque de détail, Citigroup fait face à un dossier compliqué à gérer. En mai prochain, Morgan Stanley pourra exercer son option pour acquérir une participation de 14% de Citigroup dans la société de courtage Morgan Stanley Smith Barney (MSSB). Les négociations promettent d’être serrées, estime le Wall Street Journal dans son édition d’hier, citant des sources «familières de la situation».

Cette perspective n’est pas inquiétante en soi et était prévue dans l’accord d’origine signé en janvier 2009, date à laquelle Morgan Stanley apportait son pôle de gestion de fortune à Smith Barney, filiale de Citigroup. Citi, qui contrôle 49% du nouvel ensemble, a encaissé 2,75 milliards de dollars. Si elle exerce l’option, Morgan Stanley contrôlera 65% de la coentreprise. Elle dispose d’options supplémentaires lui permettant de détenir le solde du capital d’ici à 2014.

Mais la valorisation de la société en 2011 pourrait montrer un écart sensible, que les analystes de Credit Suisse estiment à environ trois milliards de dollars. Ils ont calculé ce montant à partir de méthodes différentes utilisées par les deux groupes pour valoriser leurs apports respectifs en 2009: Morgan Stanley évaluait son pôle de gestion de fortune à sept milliards de dollars, à quoi elle a ajouté les 2,75 milliards payés à Citigroup. Ce dernier valorisait Smith Barney à 12 milliards. Le tout donne une valeur de marché de près de 22 milliards. Les analystes considèrent donc que Citi attribue une valeur nette comptable de 10,6 milliards à sa participation de 49% dans MSSB, tandis que Morgan Stanley aurait calculé la valeur de sa participation en valeur de marché. Or, «en raison de l’état des marchés depuis 2009, nous estimons que la valeur de marché de MSSB a nettement reculé. En particulier, nous estimons que ses revenus ont reculé de 11% et son bénéfice avant impôt de 40% en 2011», indiquent les analystes de Credit Suisse, qui appliquent une décote de 30% à l’actif. Ce qui fait ressortir MSSB à 15,2 milliards de dollars et la participation de Citi à un peu plus de 7,4 milliards.

Même si l’exercice de l’option obligeait Citi à passer une dépréciation de 2,5 milliards de dollars dans ses comptes, l’opération resterait positive pour la banque. «L’exercice de l’option pourrait libérer deux milliards de dollars de capital réglementaire pour Citi», indiquent les analystes.

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