KKR parcourt le monde pour remplir son objectif de levée de fonds

La société de private equity, qui peine à séduire sur son nouveau fonds nord-américain, vise l’Asie voire des pays délaissés comme l’Espagne
Benoît Menou

KKR a son talon d’Achille. La société de private equity new-yorkaise n’est plus prophète en son pays à en croire une source citée par Bloomberg soulignant les difficultés à lever le montant espéré pour son nouveau fonds nord-américain orienté vers les gros LBO. Les investisseurs historiques, particulièrement d’importants fonds de pension publics comme ceux de Washington ou de l’Oregon, réduisent leurs engagements face aux performances décevantes du précédent fonds, bouclé en 2006 et qui affiche un taux de rendement interne annualisé de 5,4% à fin mars dernier.

KKR aurait récolté moins de 6,5 milliards de dollars contre un objectif initial de 8 milliards pour le North America XI Fund. La société a pourtant entamé la promotion du fonds début 2011, mais moins d’un milliard a été promis depuis février dernier. Encore l’objectif initial ne représentait-il déjà que moins de la moitié des 17,6 milliards mobilisés il y a six ans.

Les soucis de KKR trahissent une sélectivité accrue de la part des investisseurs au sein d’un marché du private equity encombré. Bloomberg souligne que Providence Equity Partners pourrait revoir à la baisse d’un milliard, à 5 milliards, la taille de son nouveau fonds. Selon Preqin, la durée moyenne de bouclage d’un fonds s’établit aujourd’hui à treize mois. Les investisseurs se tournent vers les gestionnaires les plus performants, privilégiant les fonds de taille limitée sur des marchés à forte croissance.

Dans ce contexte, KKR, qui a publié vendredi un résulat net de 127 millions de dollars au troisième trimestre, souhaite trouver la parade. La société mise notamment sur l’Asie, avec l’ouverture jeudi dernier de son septième bureau dans la région, à Singapour. Elle table sur un fonds asiatique de quelque 6 milliards de dollars.

Mais les efforts du géant du capital-investissement ne s’arrêtent pas là, KKR travaillant également à la mise en œuvre de véhicules dédiés aux infrastructures ou à l’énergie. Jeudi à Singapour, le cofondateur de KKR, Henry Kravis, a même confié que la situation de l’Espagne (comme dans d’autres pays délaissés) faisait naître de «réelles opportunités» dans les secteurs de l’immobilier et des services financiers.

Il y a déjà trouvé une cible, la chaîne hôtelière NH Hoteles dont le conseil a indiqué vendredi avoir reçu une offre d’investissement sous forme d’obligations convertibles.

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