KKR essuie une déconvenue dans la gestion alternative actions
L’arrivée au tournant de la décennie d’une équipe de traders pour compte propre de Goldman Sachs chez Kohlberg Kravis Roberts (KKR) soulignait de manière éclatante l’impact de la «Règle Volcker». Mais force est de constater que l’opportunisme de KKR n’a pas été couronné de succès. Après presque trois ans d’existence, son fonds alternatif actions «KKR Equity Strategies» (KES) vient d'être liquidé.
Début mai, le fonds affichait 510 millions de dollars d’actifs sous gestion, dont 337 millions détenus par une vingtaine de clients extérieurs. Si le fonds n’a pas réussi à tenir la comparaison - avec un rendement annualisé d’environ 5% - il a de plus échoué à atteindre une «taille suffisante», a indiqué une porte-parole, confirmant une information du Wall Street Journal. Un nouveau coup dur pour KKR qui a mis un terme en février à deux fonds destinés aux investisseurs individuels, moins de deux ans après leur lancement.
Pour William Katz, analyste de Citigroup, cette décision marque aussi la volonté de la direction de poursuivre une stratégie d’investissement direct dans des fonds alternatifs. La dernière opération de ce genre remonte à janvier 2013 lorsque KKR a annoncé l’acquisition de 24,9% du capital de Nephila, une société d’investissement focalisée sur les risques climatiques et de catastrophe naturelle. La société compte aussi se concentrer sur Prisma, un fonds de hedge funds de plus de 10 milliards de dollars d’actifs, ainsi que sur ses fonds alternatifs crédit.
KES n’est pas le premier exemple de fonds alternatif mis en place par d’anciennes étoiles de la banque d’investissement à mettre la clé sous la porte. Pierre-Henri Flamand, lui aussi passé chez Goldman Sachs a été contraint de fermer son hedge fund Edoma Partners en novembre 2012. Même issue fatale l’an dernier pour Arvind Raghunathan, un ancien banquier de Deutsche Bank. Des sorties de route qui ne découragent pas pour autant les initiatives, favorisées par l’environnement réglementaire.
Selon la chaîne canadienne Business News Network, Royal Bank of Canada envisage d’investir jusqu'à 1 milliard de dollars américains dans Taursa Capital Partners, un nouveau fonds alternatif issu de la scission de son activité d’arbitrage et de trading pour compte propre.
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