KKR continue de creuser son sillon dans le secteur de l'énergie aux Etats-Unis

Après Hilcorp en 2010 et East Resources en 2009, la société de private equity s’offre aujourd’hui, via un consortium, le groupe familial Samson
Antoine Duroyon

KKR a flairé le bon filon. Au nez et à la barbe des industriels, le groupe new-yorkais vient de ravir Samson Investment, un producteur de pétrole et de gaz naturel détenu par la famille Schusterman. Basé à Tulsa (Oklahoma), la ville natale de Henry Kravis, il détient des participations dans plus de 10.000 puits, dont 4.000 exploités aux Etats-Unis. Au sein d’un consortium réunissant les fonds Natural Gas Partners et Crestview Partners, ainsi que la maison de courtage japonaise Itochu Corp, KKR signe le deuxième plus gros rachat par un fonds de private equity cette année. Montant de l’investissement : 7,2 milliards de dollars.

Mais comme le souligne Reuters, l’opération ressemble davantage à un BO (buy-out) qu'à un LBO (leveraged buy-out). KKR, qui contrôlerait selon Bloomberg 60% de Samson, apporte en effet avec ses associés 56% des fonds, soit environ 4 milliards de dollars. Le solde sera couvert par un prêt adossé à des actifs de 2,35 milliards de dollars, qui ne devrait pas être tiré entièrement, et par 2,25 milliards de dollars d’obligations high-yield. Un levier plutôt faible si on le compare à des opérations récentes, telles que le rachat de Kinetic Concepts par un consortium conduit par Apax Partners, où l’apport en capitaux n’atteignait que 28%.

La prudence des banques ne met pourtant pas en doute la pertinence de l’opération. KKR peut se targuer d’avoir remporté plusieurs succès dans le secteur de l'énergie au cours de ces dernières années. Le groupe a quadruplé son premier investissement effectué dans le gaz de schiste, lorsque East Resources, acquis en 2009, a été revendu l’année suivante à Royal Dutch Shell. Il a également triplé sa mise en seulement un an avec Hilcorp, cédé en juin dernier à Marathon Oil.

Les actifs de Samson, qui excluent les sites onshore de la Gulf Coast et ceux en eaux profondes du Golfe du Mexique, pourraient réserver une fortune similaire. Ils comprennent notamment des gisements pétroliers dans la zone de Bakken (Dakota du Nord) où la production de brut a quasiment doublé en deux ans. Et pour maintenir son expertise sectorielle, KKR a débauché début novembre chez Jefferies Claire Scobee Farley et David Rockecharlie, de fin connaisseurs de l’industrie, pour leur confier la supervision de ses investissements pétroliers et gaziers.

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