Jerome Powell fait monter les taux d’intérêt à long terme
Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, qui était auditionné pour la première fois par le Congrès américain avait transmis, avant son intervention, un discours prudent sur la politique monétaire américaine, dans la lignée de sa prédécesseure Janet Yellen. Un discours évoquant une « hausse graduelle des taux », qui n’a pas fait bouger les marchés. Interrogé ensuite par les parlementaires, il a déclaré percevoir des « indicateurs pointant vers un renforcement de l’économie », ses « projections personnelles » s’étant « améliorées depuis décembre » et s’est dit « plus confiant dans une hausse de l’inflation ».
Cette seule phrase a déclenché une subite hausse des taux d’intérêt à long terme américains. En l’espace d’une seconde, le rendement des titres à 10 ans est passé de 2,85% à 2,91%, tandis que le 2 ans enregistrait une hausse d’une même ampleur en valeur absolue, son rendement grimpant de 6 points de base de 2,21% à 2,27%.
En prononçant cette phrase, le nouveau président de la Fed a en effet renforcé les spéculations sur une quatrième hausse des Fed funds cette année, au lieu des trois prévues par la Fed et d’ores et déjà intégrées par le marché. Une hausse des taux aurait donc lieu chaque trimestre, la première étant programmée pour le 21 mars.
En Europe, l’effet du discours de Jerome Powell a été plus faible sur les taux à long terme, mais a été tout de même sensible. Le rendement du 10 ans allemand s’est accru subitement de trois points de base, à 0,68%, tandis que celui de l’OAT 10 ans passait de 0,93% à 0,95%.
Plus d'articles du même thème
-
«Les projections d’inflation militent pour une action incertaine mais limitée sur les taux Fed»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi. -
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%. -
Les rachats de Scott Bessent se heurtent à la réalité des bons du Trésor américain
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.