Indigo Capital France lève un fonds mezzanine de 200 millions d’euros

Emancipée de sa maison mère britannique, la société de gestion parisienne vise un closing final à 250 millions d’euros
Amélie Laurin

Pari quasi gagné pour Indigo Capital France. Sortie fin 2011 du giron de sa maison mère londonienne Indigo Capital LLP, la société de gestion a annoncé hier avoir levé 200 millions d’euros pour son premier fonds en solo de dette mezzanine. «Nous visons un closing final à 250 millions d’euros au premier trimestre 2014, après avoir démarré notre levée de fonds en septembre 2012, dans un contexte généralement difficile pour les fonds français, explique Cyril de Galea, associé d’Indigo Capital France.

Si 65% des souscripteurs sont étrangers, «nos investisseurs historiques anglo-américains sont très attentistes vis-à-vis de l’Europe et certains ne nous ont pas suivis, poursuit-il. Nous avons attiré des continentaux, notamment des compagnies d’assurance convaincues par nos performances passées et par le couple risque-rendement particulière-ment attractif de la mezzanine, malgré la concurrence des nouveaux fonds de dette senior qui n’offrent pas les mêmes perspectives de rendement».

Ce véhicule succède à un fonds V levé en 2007 par Indigo Capital LLP. Une petite moitié a été investie par la partie française, dont la dernière opération remonte à octobre 2011. Les dirigeants londoniens, plus seniors, ont depuis renoncé à lever un nouveau fonds. L’équipe parisienne s’est donc lancée seule, épaulée par deux des associés britanniques qui siègent à son comité d’investissement. D’abord en créant formellement sa société de gestion, puis en préparant un nouveau fonds. En parallèle, elle est sortie de TLD, ECS, ou encore Sandro, Maje, cet été.

Les deux dirigeants Cyril de Galea et Monique Deloire, arrivés en 2000 et 2001, viennent d’être rejoints par une troisième associée, Nathalie Bleunven, ancien responsable adjoint des financements LBO et d’acquisition dédiés aux PME et ETI chez SG CIB. Avec bientôt, un nouveau directeur d’investissements, ils veulent continuer à accompagner des fonds de LBO français, mais aussi allemands ou néerlandais.

«Nous travaillons en exclusivité avec les fonds, sans participer à des syndications. Nous les accompagnons en prenant des tickets de mezzanine de 8 à 30 millions d’euros dans des sociétés de mid-market, indique Cyril de Galea. Nous allons aussi nous intéresser à la mezzanine corporate pour des sociétés qui ne sont pas sous LBO et n’ont pas accès à la dette senior, mais sont intéressées par des financements in fine pour leur développement organique ou leur croissance externe».

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