ICG monte une structure de financement originale sur Gerflor

Le financement n’intègre aucune dette LBO mais une dette bancaire senior. Celle-ci représente 40 % de l’opération, contre 60 % de fonds propres
Virginie Deneuville

Intermediate Capital Group réalise un financement peu commun dans le domaine du capital investissement. Dans le cadre du rachat à Axa PE de Gerflor, groupe spécialisé dans les revêtements de sol ayant déjà fait l’objet par le passé de trois opérations de LBO, la dette n’intègre en effet aucune dette LBO, mais exclusivement de la dette bancaire senior traditionnelle.

«La dette bancaire corporate traditionnelle est moins coûteuse et plus flexible, avec souvent l’absence de covenants. Le levier est moins important. La dette senior représente en moyenne entre 1,5 et 3,5 fois l’Ebitda, contre un multiple de 4-5,5 pour la dette senior LBO», relève un banquier.

Selon une source proche du dossier, le financement de Gerflor intègre en effet environ 40% de dette contre 60% de fonds propres, là où le rapport est généralement inversé dans le cadre d’un financement LBO. Alors que le montant de dette s’élève à quelque 200 millions d’euros, cette opération valorise Gerflor à environ 500 millions d’euros. «L’opération a été réalisée sur des multiples en ligne avec ceux du secteur, à savoir entre 7 et 9 fois l’Ebitda», qui s’établit autour de 60 millions d’euros chez Gerflor, indique une autre source.

La nouvelle structure de financement «donnera à Gerflor une plus grande flexibilité en termes de croissance organique et d’acquisitions», relève une source proche du dossier. La croissance externe sera au cœur de la stratégie de Gerflor, qui reste à l’affût d’opérations lui permettant d’enrichir sa gamme de produits ou d’étendre sa couverture géographique hors de France, indique une autre source.

Dans le cadre du précédent LBO, réalisé en 2006 par Axa Private Equity (PE) aux côtés de Barclays Private Equity et Nixen, la société avait été valorisée à 310 millions d’euros. ICG avait participé à l’opération en apportant, à l’image des deux premiers LBO, la dette mezzanine.

ICG, spécialisé auparavant sur la mezzanine, réalise sa première opération en tant qu’investisseur financier (sponsor). «Le marché de la mezzanine en Europe est devenu très difficile et concurrentiel depuis la crise », indique un banquier. ICG s’était déjà illustré fin 2010 en apportant la dette, exclusivement obligataire, de 160 millions d’euros dans le rachat de Courtepaille par Fondations Capital pour 245 millions d’euros.

L’acquéreur était conseillé par Rothschild & Cie et Axa PE par SG CIB.

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