Goldman Sachs se détache de ses concurrentes
La chute vertigineuse du bénéfice net de Goldman Sachs au premier trimestre 2011 (-72% à 908 millions de dollars) reflète l’effet du rachat d’actions de préférence à Berkshire Hathaway pour cinq milliards de dollars, affectant les comptes de 1,61 milliard. Le résultat net hors dividendes préférentiels de la banque américaine montre un recul plus modeste de 21%. Ses revenus, qui atteignent 11,9 milliards, ne reculent que de 7% sur 12 mois et progressent de 38% par rapport au dernier trimestre 2010. Globalement, Goldman Sachs affiche des comptes supérieurs aux anticipations des analystes.
Parmi les autres éléments non récurrents, les coûts hors rémunérations ont connu une inflation de 23%: l’établissement a déprécié de 220 millions de dollars sa filiale de recouvrement de crédits hypothécaires Litton Loan Servicing. Les comptes du premier trimestre incluent également un gain de 316 millions de dollars lié à sa participation dans la banque chinoise ICBC, alors qu’elle lui avait coûté 222 millions un an plus tôt.
Le recul des résultats de l’établissement a été provoqué par la chute de 28% des revenus de l’activité FICC (taux, changes et matières premières) par rapport au premier trimestre 2010, à 4,3 milliards d’euros. Goldman Sachs souffre la comparaison avec ses performances réalisées un an plus tôt. Malgré ce recul, l’activité retrouve des couleurs puisque ses revenus sont multipliés par 2,6 par rapport au quatrième trimestre 2010. Les signes qui avaient suscité l’inquiétude fin 2010 semblent donc oubliés.
Contrairement à JPMorgan, Bank of America et Citigroup, dont les pôles de banque d’investissement affichent des performances mitigées, Goldman Sachs confirme son statut. Ses revenus ont progressé de 5% au premier trimestre (à 1,27 milliard de dollars) grâce aux activités d’arrangement (+23% à 912 millions). Signe général du profil comptable de la banque, ses rémunérations sont restées à un niveau élevé: elles représentent 5,23 milliards de dollars (-5%), soit 44% des revenus.
Cela dit, la banque reste vulnérable à l’évolution réglementaire: dans la loi Dodd-Franck, la règle Volcker encadre fortement l’investissement pour compte-propre des banques. En outre, Goldman Sachs a été éreintée la semaine dernière par le rapport du Sénat sur la crise financière. Dans un avis déposé début mars, elle estimait à 3,4 milliards de dollars le coût «raisonnablement possible» des procédures relatives à ses activités.
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