Goldman Sachs déjoue les pronostics pessimistes
La banque Goldman Sachs peut s’estimer heureuse. Malgré un franc recul du revenu issu du trading – son activité phare – et de ses bénéfices, elle est parvenue à dépasser les pronostics des analystes et des investisseurs pour le troisième trimestre.
Elle a souffert de la forte instabilité des marchés au cours du troisième trimestre: ses activités de trading sur les marchés de taux, changes et matières premières (FICC) ont vu leur contribution au revenu reculer de 37% sur un an et de 14% d’un trimestre à l’autre, à 3,77 milliards de dollars. Sur le marché d’actions, le recul est encore plus marqué sur douze mois (-43%) à 1,05 milliard – un montant toutefois huit fois supérieur à celui, particulièrement faible, du deuxième trimestre. Le trading avait permis à la banque de redresser la barre dès 2009 après l’éclatement de la crise financière.
A chaque chose malheur est bon. Goldman Sachs est parvenu à réduire son profil de risque: sa value-at-risk (qui mesure la perte quotidienne maximale pouvant être subie au cours de 95% des jours de trading dans le trimestre) a baissé de 41% en un an, à 121 millions de dollars.
Rien d’étonnant, donc, à ce que le bénéfice net de Goldman Sachs recule (-40% à 1,9 milliard de dollars). Mais la banque s’en tire bien puisque les professionnels s’attendaient à une punition encore plus sévère. Le consensus établi par Thomson Reuters ressortait en effet à 1,48 milliard et celui de Bloomberg à 1,46 milliard. En outre, contrairement à la plupart de ses rivaux, l’établissement n’ayant pas d’activité de banque de détail, elle ne souffre pas du phénomène des saisies immobilières et des risques juridiques qui leur sont associés. Le titre s’est d’ailleurs apprécié de plus de 3% une bonne partie de la séance d’hier.
Les comptes de Goldman Sachs montrent une évolution dans sa façon de générer ses revenus. Reste à savoir s’il s’agit d’une évolution délibérée. Le trading a vu sa contribution passer de 77% à 69% en un an, tandis que la banque d’investissement a apporté près de 13% des revenus nets du groupe – contre 7,3% un an plus tôt et 10% au deuxième trimestre. A 1,12 milliard de dollars, le chiffre d’affaires de la banque d’investissement a progressé de 24% et 22%.
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