Gimv pousse discrètement ses pions en France
Relativement peu connue en France, Gimv, la société belge de private equity créée à l’initiative de la région flamande il y a trente ans, veut y accroître son exposition, tant dans le métier du capital-risque (venture) que celui des acquisitions à effet de levier (leveraged et management buy-out). Elle dispose d’environ 250 millions d’euros à investir au niveau européen, pour des tickets unitaires compris entre 5 et 25 millions.
Implanté à Paris depuis 2007, la holding cotée à Bruxelles détient onze participations après avoir vendu en juillet sa part résiduelle dans la biotech française Innate Pharma, dopée en Bourse par son accord avec BMS. Il a acquis Onedirect (télécoms) l’année dernière et a bouclé en janvier le rachat en MBO du groupe Doucet, rebaptisé Brunel (produits d’entretien haut de gamme) aux côtés d’Azulis Capital. Gimv regarde actuellement un dossier dans la santé et un autre dans l’agroalimentaire, un secteur avec lequel il s’est familiarisé à travers la création de la structure Agri+ Investment Fund, équivalent belge d’Unigrains. En capital-risque, son intérêt s’est porté en 2010 sur Private Outlet (site internet de ventes privées) et McPhy (stockage d’énergie).
Le bureau de Paris souhaite renforcer son équipe venture, qui compte actuellement trois investisseurs, en sciences de la vie. Dans les métiers du capital développement (prise de participation minoritaire sans recours à la dette) et du LBO, servis par cinq professionnels, l’objectif est de procéder à un, voire deux recrutements, qui avaient été décalés en raison de la crise. «Nous aimerions faire davantage de capital-développement en France, mais nous voyons peu d’opérations correspondant à nos capacités d’investissement. C’est un marché très occupé par les banques régionales; il faut également compter avec la présence du Fonds stratégique d’investissement, même si nous avons déjà regardé des dossiers en commun», indique Anne Caron, directeur du capital-développement et du buy-out à Paris.
Cela dit, la segmentation du marché n’est pas un réel handicap pour Gimv, tant ses équipes travaillent parfois de concert sur certains dossiers. Ainsi, les investissements dans Made in Design et Easyvoyage (tous deux en 2009) sont le fruit d’une collaboration entre les équipes capital risque et LBO, qui ont partagé le ticket.
A fin juin, Gimv affichait 1,05 milliard d’euros de fonds propres, selon un communiqué publié hier.
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