GBL accroît sa marge de manœuvre en s’allégeant dans Pernod Ricard
Groupe Bruxelles Lambert (GBL) poursuit ses cessions. La principale société d’investissement cotée d’Albert Frère a vendu 6,2 millions de titres de Pernod Ricard, soit 2,3% du capital. Elle réduit ainsi sa participation à 7,5%, qu’elle s’est engagée à conserver pendant au moins 90 jours auprès des banques de placement BNP Paribas et Société Générale.
Le produit de cession s’élève à 499 millions d’euros. Il s’ajoute aux 432 millions retirés de la vente des 10% que GBL détenait dans Arkema. Cette transaction a généré une plus-value supérieure à 220 millions. Les deux opérations ont permis «de dégager une plus-value consolidée d’environ 460 millions», indique GBL dans un communiqué. Soit une marge de 240 millions pour la seule transaction concernant Pernod Ricard.
«A la suite de ces deux opérations, GBL renforce davantage sa structure de bilan, lui conférant ainsi une pleine flexibilité financière et stratégique», justifie le holding du financier belge. Il avait indiqué la veille que l’opération concernant Arkema avait réduit son endettement net à moins de 300 millions d’euros.
C’est précisément la cause invoquée par GBL qui laisse perplexe certains analystes. «L’argument du désendettement ne tient pas la route. La société disposait de 13 milliards d’euros d’actifs parfaitement liquides, pour une dette inférieure au milliard», relève un professionnel. «Avant les deux transactions, nous estimions que GBL portait une dette financière nette de 690 millions d’euros. Suite à ces opérations, le holding devrait avoir retrouvé une situation de trésorerie positive nette de 250 millions», indique David Vagman, analyste chez Exane.
Dès lors, les observateurs se perdent en conjectures pour expliquer les décisions de la direction. La préparation de la succession d’Albert Frère, 86 ans, et la simplification de sa cascade de holdings sont évoquées. La concentration de GBL dans l’énergie et les matériaux de construction (0,2% du capital d’Iberdrola, 4% de Total, 5,2% de GDF Suez, 6,9% de Suez Environnement, 21% de Lafarge et 57% d’Imerys) étonne aussi les analystes. Le holding pourrait aussi préparer un gros investissement.
Enfin, les analystes notent l’augmentation de la décote du holding par rapport à son ANR (estimée à 30% par Exane) malgré la reprise des marchés en ce début d’année. Ce qui pourrait expliquer les récents désinvestissements. Le titre a d’ailleurs clôturé en hausse de 3,46%, à 59,2 euros.
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