Eurazeo confronté à des inquiétudes sur les refinancements d’Europcar
La société d’investissement Eurazeo fait face à des inquiétudes sur Europcar, dont elle détient 85,1%. Alors que Standard & Poor’s (S&P) a dégradé le 19 janvier la note du loueur de voitures de B+ à B sur fond de craintes sur le refinancement de la dette, Moody’s a également abaissé sa note la semaine passée, de B2 à B3.
La dégradation reflète «les inquiétudes sur le profil de liquidité du groupe au vu des besoins de refinancements significatifs sur les 18 prochains mois» au sein d’un environnement économique difficile, a déclaré Moody’s.
Pour autant, «Europcar sera en capacité de mettre en place ses refinancements», estime le bureau d’études Jyske Markets.
A fin septembre 2011, la dette d’Europcar intégrait 2,6 milliards d’euros liés au financement de la flotte automobile. Sur ce financement, qui varie entre 2,2 et 2,6 milliards en fonction du niveau de la flotte, quelque 500 millions d’euros sont refinancés chaque année. «Il s’agit d’une opération de leasing financier classique au sein du secteur. Le taux est compris entre 4 et 6%», indique une source proche du dossier.
Europcar dispose par ailleurs d’une dette «corporate», qui se décompose en deux tranches de dette obligataire high yield (notées CCC+ par Standard & Poor’s). L’une, de 400 millions d’euros, arrive à échéance en 2018, la maturité de la deuxième, de 425 millions d’euros, étant à fin mai 2013.
Eurazeo discute actuellement avec des banquiers sur le refinancement de la tranche de 425 millions, cherchant la bonne fenêtre de tir face à la forte augmentation des taux, selon une autre source proche du dossier. Europcar pourrait être contraint de rechercher d’autres solutions, telles qu’un accord avec les banques, impliquant une conversion des émissions obligataires en dette bancaire, estime Jyske Markets.
Europcar dispose par ailleurs d’une ligne de crédit revolving, non tirée, de 350 millions d’euros arrivant à échéance fin mai 2013.
Alors que plusieurs analystes spéculent sur une sortie d’Europcar du portefeuille d’Eurazeo, la société d’investissement, qui a indiqué à plusieurs reprises que le modèle de la société se prêtait à une introduction en Bourse, entend se laisser du temps, selon une des sources proches du dossier. Eurazeo a pris le contrôle d’Europcar en 2006, dans le cadre d’un LBO qui valorisait le loueur 3,1 milliard d’euros.
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