Equistone Partners restructure la dette de Desmet Ballestra
Nouvelle restructuration de dette dans les LBO. La société d’ingénierie Desmet Ballestra vient de conclure un accord entre ses créanciers, les détenteurs de caution et son principal actionnaire Equistone Partners (ex-Barclays PE) – lequel n’a pas souhaité faire de commentaires.
Les maturités de la dette bancaire (trois tranches totalisant environ 190 millions d’euros) ont été allongées d’environ trois ans, pour les aligner sur le nouveau business plan de la société, qui a doublé son Ebitda entre 2010 et 2011 (à 19 millions). Les banques de caution ont, elles, accepté de proroger la maturité de leurs garanties.
Le capital de Desmet Ballestra a été sensiblement renforcé. La dette mezzanine (près 50 millions d’euros, apportés par MezzVest) a été convertie. La tranche de dette junior second lien, d’un montant proche, a été transformée en obligations remboursables en actions. En outre, entre 28 et 30 millions d’euros d’argent frais ont été injectés: entre 18 et 19 millions par Equistone et MezzVest, le solde par les banques. Ce montage est confirmé par plusieurs sources.
Cela dit, les négociations n’ont pas été de tout repos. Les créanciers seniors, menés par Bayside (le fonds de dette d’ING, qui avait acquis une partie de la dette sur le marché secondaire) et les banques RBS et NIBC, ont rejeté une première proposition d’Equistone. Ce dernier prévoyait d’apporter 18 millions d’euros sous certaines conditions, notamment l’élévation du rang de priorité d’une partie de l’argent qu’il avait injecté lors d’une première renégociation en 2009: une tranche de 12 millions se serait retrouvée à égalité avec les créances bancaires (premier lien), tandis qu’une autre, d’environ 20 millions, aurait occupé un rang intermédiaire entre le premier et le second lien. Inacceptable pour les banques.
Seconde difficulté, les détenteurs des cautions ne représentaient qu’une faible partie des créanciers senior. «Si leurs intérêts ne sont pas alignés, les premiers peuvent être tentés d’exercer une forme de chantage. Or, les lignes de caution représentent l’essentiel des revenus d’une société d’ingénierie», rappelle un témoin. La majeure partie des négociations s’est donc déroulée entre ces deux parties.
Lazard et le cabinet Weil Gotschal conseillaient les créanciers seniors, tandis que Desmet Ballestra a fait appel à Messier-Maris et à Ashurst. Les banques de caution avaient requis les services d’Allen & Overy.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe et l’Asie trinquent après Wall Street
La débâcle de la tech à la Bourse de New York jeudi fait plier les places financières en Asie ainsi qu’en Europe, mais dans une moindre mesure. Un rebond est attendu à Wall Street mais les investisseurs devraient rester prudents. -
TP s’effondre en Bourse après un avertissement sur son chiffre d’affaires
Le géant des centres d'appels révise ses ambitions à la baisse pour 2026 après le recul de ses ventes depuis le début de l'année. -
Olivier Dellenbach (Chapsvision): «L'asset management est le métier le plus touché par l'IA après le conseil»
Le fondateur de Chapsvision a livré lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi une vision sans concession des impacts de l'intelligence artificielle pour la gestion d'actifs. Une révolution dont le secteur n'a, selon lui, pas pris la mesure.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ? -
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat