En voie de restructuration, la BFI de Credit Suisse a souffert en fin d’année

La division est en perte au quatrième trimestre. A l’échelle du groupe, des charges pour litiges ont pesé sur les résultats
Antoine Duroyon

Credit Suisse souffre-t-il d’un problème structurel lié à sa banque d’investissement ? La question est posée par Rainer Skierka, analyste de J. Safra Sarasin, à la lecture des derniers résultats du groupe. Au quatrième trimestre 2013, les revenus tirés de la vente et du négoce de titres à taux fixe ont chuté de 32% sur un an pour s’établir à 808 millions de francs suisses.

Selon l’établissement, cela «reflète les niveaux d’activités de négoce des clients toujours faibles, en particulier dans les produits global macro (taux, devises, matières premières)». Par rapport au trimestre précédent, les revenus sont en repli de 22%. En revanche, l’activité a mieux résisté sur les actions pour lesquelles les revenus ont progressé de 21% sur un an, à 1,08 milliard de francs.

Bousculée sur le plan opérationnel, la banque d’investissement a ployé sous les charges en fin d’année. Les rémunérations et indemnités ont grimpé de 17% sur un an et de 22% en glissement trimestriel pour atteindre 1,33 milliard de francs. Après la prise en compte d’activités non stratégiques (actifs en liquidation, frais de litige, etc…) et de provisions de 339 millions de francs liées à un litige hypothécaire, la division affiche une perte avant impôts de 40 millions de francs.

Pour le directeur général, Brady Dougan, les efforts de restructuration vont porter leurs fruits. «Sur une base continue, l’activité de taux une fois restructurée contribuera de manière positive à notre rentabilité générale», estime le dirigeant, qui souligne au passage un rendement après impôts des fonds propres alloués selon Bâle 3 de 19% pour les activités stratégiques sur l’ensemble de l’exercice (contre 16% en 2012).

En ce qui concerne la division de banque privée et de gestion de fortune, les produits nets ont progressé au quatrième trimestre pour totaliser 3,26 milliards de francs. Mais la collecte nette, de 4,4 milliards de francs, a été inférieure aux prévisions. Comme dans la banque d’investissement, des provisions sont aussi entrées en ligne de compte.

175 millions de francs ont été mis de côté dans le cadre du volet de l’affaire fiscale aux Etats-Unis lié à la SEC, limitant le bénéfice avant impôts à 870 millions de francs (-4,5%). Selon Brady Dougan, cette réserve indique que «nous sommes en train de faire des progrès vers la conclusion de cet aspect de l’affaire».

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