En Europe les investissements restent inférieurs de 9% à leur niveau d’avant crise
Depuis sa mise en oeuvre mi-2015, le Plan Juncker a suscité nombre de commentaires sur les effets positifs qu’il est susceptible d’engendrer sur l’investissement en Europe. Mais qu’en est-il exactement?
Ce plan prévoit de déployer 315 milliards d’euros en investissements sur une période de 3 ans, d’ici fin 2017. L’Europe a engagé une mise de 21 milliards d’euros (en capital et garanties), pris sur le budget européen, la Banque européenne d’investissement (BEI). La BEI prévoit un levier triplant cette mise de départ à 63 milliards d’euros de prêts en puisant dans le marché, les investisseurs privés apportant le reste. La Commission a proposé récemment d'étendre à 2022 son plan et de porter l’objectif d’investissement à 630 milliards d’euros.
Le sujet est sensible car 8 ans après la crise, l’investissement est toujours 9% en dessous de son niveau du premier trimestre 2008 en Europe (en termes réels), souligne HSBC, alors que le niveau du Pib des 28 dépasse, lui, de 4% le niveau correspondant.
En septembre, le fond avait approuvé 140 milliards d’euros d’investissement (1% du PIB de l’Union européenne), dont 60% financés par le secteur privé. Les principaux bénéficiaires sont l’Italie, l’Espagne et le ... Royaume-Uni pourtant engagé à terme dans le «Brexit», avec chacun 20 milliards d’euros. Les secteurs concernés sont l'énergie, la R&D et les PME.
Mais sur combien d’années s'étendront les investissements et quel sera l’impact sur la croissance des investissements prévus ans les pays bénéficiaires? La BEI finance-t-elle des projets plus risqués que d’habitude, comme devraient l’y inciter les conditions prévues par le Plan Juncker?
Dans leurs conclusions, les auteurs de l'étude soulignent que «la nécessité de faire appel aux investisseurs privés rend le plan moins apte à répondre au déficit d’investissement dans des domaines comme l'éducation et les grands projets d’infrastructure (...). En ce sens, un plan d’investissement public pan-européen serait encore préférable», ajoutent les auteurs.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFMirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
La filiale de Natixis IM est entrée en discussions exclusives avec la société d’investissement deeptech, qui récupérerait l’équipe de Marc Romano et renforcerait son offre dans l'investissement à impact. -
Generali initie un programme européen d’investissement dans la souveraineté
L’assureur veut soutenir la résilience et la compétitivité économique de l'Union européenne. -
Reformater l’Allemagne, acte II
En engageant des réformes structurelles importantes, l'Allemagne a lancé un pari audacieux dont certains résultats ne seront réellement visibles que sur le long terme. Gilles Moëc, le chef économiste du groupe Axa, considère néanmoins que cela pourrait inspirer d’autres pays européens.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
Les yeux dans les yeuxMacron retient Barbut : le marabout de l'Elysée a encore frappé
Emmanuel Macron mobilise sa force de conviction pour retenir Monique Barbut et éviter une crise gouvernementale au cœur de l'été -
Tribune librePlaidoyer pour une ville bas-carbone qui résiste enfin aux canicules
Chaque été apporte son lot de records. Les températures montent, les nuits restent chaudes, les épisodes caniculaires s’allongent. Ce qui relevait hier de l’exception devient la norme. Pourtant, nous continuons souvent à concevoir nos villes comme si le climat de demain ressemblait encore à celui d’hier. -
Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »
Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie.