Emmanuel Macron promet 5 milliards d’impôts en moins
Après deux mois de débats à travers la France, et en réponse à cinq mois de manifestations des «Gilets jaunes», Emmanuel Macron a dévoilé ses principales mesures jeudi soir, lors d’une conférence de presse à l’Elysée – sa première en deux ans. Beaucoup étaient conformes aux fuites dans la presse depuis son discours initial, prévu le 15 avril, mais reporté en raison de l’incendie de Notre-Dame de Paris.
Le volet économique de ses annonces est vaste, mais le chef de l’Etat s’est montré prudent, avec peu de mesures immédiates. Il a tenté de teinter son discours d’empathie, évoquant la nécessité d’«une réponse qui place l’homme au cœur de notre projet», et le sentiment d’«injustice fiscale» patent en France. Face à celui-ci, il ne compte toujours pas rétablir l’impôt sur la fortune (ISF), revendications de base des Gilets Jaunes, réaffirmant qu’il fait l’objet d’une évaluation par la Cour des Comptes.
En revanche, Emmanuel Macron a annoncé une baisse des impôts sur le revenu de 5 milliards d’euros. Les modalités seront fixées par le gouvernement, mais elle ne sera pas financée à crédit, a-t-il promis. Pour ce faire, les niches fiscales seront réformées, «mais seulement celles des entreprises, pas celles des ménages», a-t-il dit, sans développer davantage. Cette baisse d’impôts passera aussi par des mesures d’économies, et le gouvernement devra donc supprimer de nombreux organismes, a-t-il poursuivi, sans préciser lesquels. Sans surprise : «plusieurs réformes-clés sont attendues, dont une nouvelle baisse fiscale en plus de celle de 14 milliards d’euros déjà programmée jusque 2020», soulignait ainsi l’institut Natixis dans une note d’analyse, le 15 avril.
Face à l’«injustice fiscale», côté salariés, l’Elysée compte aussi reconduire la prime exceptionnelle versée par les entreprises fin 2018. De plus, «l’actionnariat salarié et l’intéressement seront encouragés», a poursuivi Emmanuel Macron.
Le président a ouvert un autre chantier, l’allongement de la durée du travail. Cela ne passera pas par un retour sur les 35 heures, ni sur l’âge de la retraite au-delà de 62 ans, a-t-il assuré. Mais «se pose la question d’allonger la durée de cotisation pour la retraite sans bouger l’âge légal», a-t-il suggéré. Ce volet sur le temps de travail était attendu, contrepartie financière envers Bruxelles d’un président «toujours très préoccupé par l’idée de consolider les finances publiques et d’honorer ses engagements européens», rappelle Natixis dans sa note. Enfin, il a confirmé son intention de supprimer l’ENA (Ecole Nationale d’Administration), voulant mettre fin aux «grands corps» de la fonction publique.
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