La société détenue par Eurazeo connaîtra aujourd’hui le prix de sa tranche obligataire à haut rendement. Elle refinance 1,9 milliard d’euros de dette
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Antoine Landrot
Le refinancement des 1,93 milliard d’euros de dette LBO d’Elis, annoncé mardi dernier, est l’un des plus importants du marché français cette année. Il profite notamment des conditions de marché exceptionnelles, qui cumulent des taux d’intérêt bas et l’appétit des investisseurs. En outre, une tranche de dette senior de plusieurs centaines de millions d’euros arrivait à échéance en octobre 2014.
La société de location de linge professionnel, acquise par Eurazeo en août 2007, a obtenu de ses créanciers la renégociation de la majeure partie de sa dette bancaire à proportion de près d’un milliard d’euros: sa maturité est repoussée à 2017 et ses conditions assouplies pour faciliter le développement de la société à l’étranger. Une source proche de l’opération estime qu’Elis pourrait obtenir un taux d’environ 425 points de base (pb) au dessus de l’Euribor 3 mois.
Cette tranche sera complétée par l’émission d’obligations seniors à haut rendement (high yield) de 450 millions d’euros (à échéance 2018), dont la rémunération devrait être légèrement supérieure à 425 pb, selon la source. Celle-ci sera connue aujourd’hui. Au total, la partie senior du financement atteindra donc environ 1,4 milliard. Par ailleurs, une tranche d’obligations seniors subordonnées de 380 millions d’euros et une tranche PIK (pay-in-kind, aux intérêts capitalisés et payables en titres) de 173 millions ont été émises à échéance 2018. Les marges de ces deux placements privés ont été fixées il y a deux semaines.
Ces 553 millions d’euros serviront à racheter la dette mezzanine d’Elis, qui atteignait près de 630 millions dans le LBO de 2007. A l’époque, le coût d’une mezzanine était de l’ordre de 800 ou 900 points de base sur Euribor. «Grâce à l’appétit des marchés, l’émetteur a pu négocier en parallèle pour calibrer au mieux de ses intérêts l’émission high yield par rapport aux tranches juniors», explique la source.
A l’époque, Elis était symptomatique des excès de levier dans les LBO (la dette représentait plus de 80% du montant de l’opération) et des conséquences du gel des financements suite à l’éclatement de la crise cet été-là. L’arrangeur BNP Paribas s’était retrouvé dans l’incapacité de syndiquer le prêt bancaire pendant plusieurs mois. En outre, l’endettement net du groupe a progressé au gré des acquisitions, passant de 1,84 à 1,93 milliard d’euros aujourd’hui, soit 5,6 fois l’Ebitda. S&P estime que le levier sera légèrement supérieur à 5 fois l’Ebitda fin 2013.
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