Éconduit par MSCI, Pékin va devoir donner de nouveaux gages aux investisseurs
Le report de l’inclusion des actions chinoises A onshore dans l ‘indice MSCI des marchés émergents va pousser la Chine à assouplir encore davantage ses règles du jeu financières, estiment Christian Déséglise Managing director chez HSBC, et Eric Popelin, responsable de la vente de produits de change grands clients pour HSBC France.
« Plusieurs points techniques restent à éclaircir pour que les investisseurs internationaux se sentent plus confortables et que se réalise en 2017 l’inclusion d’actions A » libellées en renminbi dans l’indice phare des émergents, précise Eric Popelin. Les deux experts mentionnent notamment l’attente occidentale d’une plus grande ouverture du compte de capital. Ou encore l’assouplissement du plafond des retraits mensuels qu’un investisseur étranger peut effectuer et qui est actuellement limiter à 20%.
Mercredi 15 juin, MSCI a justifié sa décision de repousser cette inclusion par l’accès limité des investisseurs étrangers aux marchés chinois via les quotas RQFII et QFII. « Les investisseurs étrangers ne détiennent que 2% des actions et obligations chinoises », souligne Christian Déséglise, qui est également professeur à l’Université de Columbia sur la question des marchés émergents.
De son côté SG CIB estime que le montant cumulé des 2 quotas accordés par les autorités chinoises aux investisseurs étrangers représentent un total cumulé de 175 milliards d’euros, soit 15% de la capitalisation de l’indice CSI 300, ce qui laisse peu de marges pour satisfaire MSCI sans lever le contrôle des capitaux (lire l’Agefi Quotidien du 16 mai).
Pour Pékin l’enjeu d’une inclusion est suffisamment important pour que de nouveaux gages soient donnés dans les prochains mois aux investisseurs internationaux. Selon diverses projections, une inclusion des actions A se traduirait par 400 à 500 milliards de dollars d’investissements sur les places de Shanghai et de Shenzhen sur 10 ans. Les actions chinoises cotées à Hong Kong (H-shares) représentent actuellement 26% de l’indice MSCI des marchés émergents, y compris celles qui sont cotées hors de Chine (5%), selon HSBC. La part chinoise du MSCI pourrait augmenter de 1,3% à 27,3% avec une inclusion partielle des actions A et même de 18% à 39,9% dans le cas d’une inclusion totale de ces titres, souligne Christian Déséglise.
D’autant que l’appétit des investisseurs internationaux pour la Chine et pour les émergents dans leur ensemble est de retour, selon ce spécisliste, dans le contexte de l’attentisme de la Fed et d’un raffermissement du prix des matières premières.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque Populaire de Chine franchit une étape dans l’internationalisation du renminbi
Pas à pas, la Chine s’insère dans les marchés financiers internationaux. Elle vient ainsi de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire qui ouvrent l’usage de sa monnaie et alignent les pratiques de la PBoC sur celles des autres grandes banques centrales. -
La banque centrale chinoise lance un nouveau taux au jour le jour
L'autorité monétaire du pays se dote d’un nouveau taux repo pour mieux gérer les conditions de liquidité et se rapprocher des modèles des autres grandes banques centrales. -
L’inflation chinoise reste élevée en mai à cause du coût de l’énergie
L’évolution des prix à la consommation reste contrastée entre les denrées alimentaires toujours en baisse et les transports qui continuent d’augmenter, mais l’inflation des prix à la production est au plus haut depuis quatre ans.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
FeuilletonsFin de vie et interdiction des réseaux sociaux : Emmanuel Macron touche enfin au but
Entre le 15 et le 21 juillet, le Parlement devrait permettre au chef de l'Etat de tenir deux engagements pris lors de ses vœux aux Français le 31 décembre dernier : la fin de vie et la majorité numérique. La hausse du budget de la Défense n'attend, elle, plus qu'un avis du Conseil constitutionnel -
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression