Dexia sera en perte en 2011 pour solder une partie de ses erreurs passées
Alors que la presse s’est récemment fait l’écho de pressions exercées par Commission européenne , Dexia a annoncé vendredi 27 mai l’accélération de ses cessions d’actifs. Celles-ci touchent son portefeuille d’actifs appelé «Financial Products» (FP), ainsi que ses portefeuilles obligataires et de prêts.
Au sein des FP, la dépréciation concerne la poche de 9,5 milliards de dollars de prêts immobiliers titrisés (RMBS) sur le subprime américain, garantis par les Etats français et belge. Ce portefeuille a été mis à la valeur de marché, soit une dépréciation d’environ 50%. Par ailleurs, 2,3 milliards de dollars avaient déjà été provisionnés sur ces actifs. La cession devrait donc peser pour 1,8 milliard d’euros dans les comptes de Dexia. L’autre partie des FP, constituée de titres de «bonne qualité» ou garantis par l’Etat américain (pour un nominal de 4,1 milliards), n’est pas concernée.
Par ailleurs, 1,8 milliard d’euros de provisions seront passées sur les autres obligations (la partie la plus longue du portefeuille) et les créances destinées à être cédées, ce qui permettra leur vente accélérée.
L’ensemble des actifs sera vendu en cours d’année. «Le marché des RMBS est redevenu liquide et les prix ont considérablement remonté depuis la crise financière», affirme Pierre Mariani, directeur général de Dexia. 75 milliards d’euros d’actifs auraient été vendus au premier trimestre 2011. «Etant donné l’ampleur des provisions, nous ne serons pas bénéficiaires en 2011. Mais grâce à la progression de nos bénéfices dans les activités pérennes, le résultat sera à nouveau positif au troisième trimestre», prévoit le dirigeant. Et l'établissement ne versera pas de dividende au titre de 2011, a indiqué son président Jean-Luc Dehaene au quotidien L’Echo.
Le processus affectera également les fonds propres de la banque. De 13,4% au 31 mars, le ratio tier1 devrait se situer entre 11% et 11,5% au 30 juin. Mais là encore, la génération de résultat devrait permettre à la banque d’atteindre un ratio de 12% à 12,5% à la fin de l’année. Dexia allégera par ailleurs de 20 milliards d’euros ses besoins de financement court terme, et économisera les frais sur la garantie des Etats (100 millions d’euros en 2010).
En sortant du mécanisme de garantie publique assorti aux FP, la banque espère renégocier à son avantage les modalités du plan de restructuration imposé par Bruxelles en février 2010, en contrepartie des aides publiques reçues fin 2008. Dans l’accord la Commission avait chiffré à 3,2 milliards d’euros la valeur de cette garantie.
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