Deutsche Bank reste la banque étrangère la plus exposée aux nouvelles règles de la Fed
Un an de plus pour souffler, et un filet aux mailles plus lâches. Les nouvelles règles présentées la semaine dernière par la Fed et qui s’appliqueront aux banques étrangères sont un peu moins restrictives que prévu. Les banques étrangères ayant plus de 50 milliards de dollars d’actifs aux Etats-Unis devront constituer une holding (bank holding company, BHC) qui coiffera leurs filiales, à compter du1er juillet 2016. Elles devront respecter un ratio de levier de 4%, calculé avec une définition de capital (tier 1) plus favorable que le common equity tier one de Bâle 3.
Le relèvement du seuil de 10 à 50 milliards permettra à certains établissements de passer entre les gouttes, comme Natixis selon ses dirigeants. D’autres banques françaises n’y échapperont pas, comme BNP Paribas et la Société Générale. La banque de la rue d’Antin a déjà engagé la réorganisation de ses structures aux Etats-Unis. Sa filiale BancWest a vocation à développer ses activités de financement corporate à New York dans les prochaines années, sur les terres de la BFI du groupe.
«Credit Suisse, HSBC, UBS et BNP Paribas, de manière différente, ont le plus progressé pour adapter leurs structures aux propositions de la Fed», souligne Huw van Steenis, analyste chez Morgan Stanley. UBS a ainsi réduit ses activités, et Credit Suisse réorganisé fin 2013 sa structure juridique.
Deutsche Bank et Barclays ont encore le plus gros travail à faire. Mi-2012, Morgan Stanley estimait que la banque allemande devrait réduire d’un tiers ses actifs aux Etats-Unis, à 300 milliards, et y capitaliser ses activités à hauteur de 7 à 8 milliards. Depuis, le groupe a levé 5,5 milliards de capital. «Le besoin de réduire le bilan, associé à un modèle qui surpondère les métiers de taux, est l’une des raisons clés des pertes de parts de marchés de Deutsche Bank dans le fixed income, écrivait le 13 février Huw van Steenis. Dans un entretien au Financial Times hier, le directeur financier de Deutsche Bank, Stefan Krause, s’est déclaré confiant dans la capacité de la banque à respecter les nouvelles règles du jeu au sein d’un marché «qui reste important pour nous», grâce à la délocalisation de certaines activités en Europe ou en Asie.
Barclays aurait pour sa part 300 milliards de dollars d’actifs américains, selon Nomura. «Deux tiers viennent du repo et du prêt de titres, qui pourraient être enregistrés dans une autre juridiction si cela devenait inefficient aux Etats-Unis», estiment les analystes de la banque.
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