Deutsche Bank relève la taille de son augmentation de capital

La banque a opté pour une faible décote et lèvera 6,75 milliards d’euros au lieu des 6,3 milliards prévus. Une marge bienvenue au vu du coût des litiges à venir
Alexandre Garabedian

Deutsche Bank déjoue les pronostics. La banque allemande a publié hier matin les conditions de l’augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription (DPS) qu’elle avait annoncée le mois dernier. Première surprise: à 22,50 euros par titre, le prix de souscription des actions nouvelles est supérieur à la fourchette de 21 à 21,50 euros qui avait circulé ces derniers jours. Deuxième surprise: le groupe lèvera finalement 6,75 milliards d’euros au lieu des 6,3 milliards annoncés en mai. Un montant auquel s’ajoutent les 1,75 milliard d’euros d’actions placées auprès de Paramount Services, une holding d’investissement du Qatar.

Deutsche Bank prévoit d’émettre près de 300 millions de nouveaux titres, 18 actions existantes donnant droit à la souscription de 5 actions nouvelles. En prenant en compte le cours de clôture de l’action à 29,785 euros le 4 juin, le prix théorique de l’action hors droit préférentiel de souscription (TERP) ressortirait alors à 28,13 euros selon nos calculs.

Le prix de souscription de 22,5 euros fait donc apparaître une décote de 20% seulement par rapport au TERP. Ce rabais n’a pas pour vocation d’attirer les investisseurs, mais de protéger le déroulement de l’opération contre une volatilité excessive de l’action, liée aux interventions des fonds d’arbitrage sur le titre et sur le marché du DPS. Au sommet de la crise financière, les décotes avaient dépassé 40% sur certaines augmentations de capital bancaire, comme celle de Santander en novembre 2008.

Deutsche Bank manifeste ainsi sa confiance en la réussite de l’opération, dans un environnement de marché peu volatil. En ajoutant à cette levée de fonds déjà garantie les 3,5 milliards d’euros de titres hybrides émis en mai, le ratio common equity tier one du groupe aurait atteint 12% et son ratio de levier 3,4% à fin mars.

La banque n’a pas effacé pour autant les interrogations, insistant hier sur la baisse des revenus de fixed income en avril et mai et le coût des litiges à venir. «L’accroissement des exigences prudentielles (…) associé à des sorties de capitaux significatives en lien avec des dossiers judiciaires, pourrait compliquer la tâche de maintenir les ratios de capital à des niveaux supérieurs à ceux requis par les régulateurs ou attendus par les marchés», a-t-elle indiqué. Cet avertissement, plus que les conditions de la levée de fonds, a fait chuter l’action de 3,29%.

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