CVC Capital Partners lève le plus gros fonds de LBO européen depuis 2008
CVC Capital Partners fait mentir les statistiques. Si nombre de ses concurrents peinent à attirer les investisseurs, la société de capital-investissement a annoncé le 22 juillet avoir levé 10,5 milliards d’euros pour son dernier véhicule, plus que les 9 milliards visés initialement. 10,25 milliards sont d’ores et déjà acceptés, les 250 millions restants devant être validés d’ici à la fin du trimestre.
CVC Capital Partners VI devient le plus gros fonds européen levé depuis le début de la crise financière, d’après les données de Preqin. Seul l’américain Apollo l’a surpassé en 2010, en collectant 16,2 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros). En Europe, le sixième fonds de CVC se place juste derrière son cinquième millésime (10,75 milliards d’euros en 2009) et en-deça du dernier véhicule d’Apax Partners (11,2 milliards en 2008). Celui-ci peine à boucler son huitième fonds, après avoir collecté 5,8 milliards d’euros en 15 mois. CVC a mené campagne pendant sept mois seulement, alors que la durée moyenne des levées de fonds stagne à 19 mois depuis trois ans, selon Preqin.
Pour susciter l’appétit des institutionnels, CVC a pu faire mettre en avant le taux de rendement annuel (TRI) de son précédent fonds, de 10,4 % d’après Bloomberg. Il se placerait au-dessus de la moyenne des fonds européens levés en 2008 (TRI de 8%), mais en dessous du premier quartile (TRI de 14,9%), selon les données de Preqin. Le propriétaire du championnat de Formule 1 a également battu le rappel pour boucler son fonds avant l’entrée en vigueur, le 22 juillet, de la directive sur les gestionnaires alternatifs (AIFM) qui aurait pu limiter ses marges de manœuvre.
«90% des capitaux proviennent d’investisseurs déjà engagés dans les fonds antérieurs de CVC», assure le communiqué de la société. Les Américains sont les plus représentés (45%), devant les Européens (35%), les Moyen-Orientaux (11%) et les Asiatiques (9%). Le nouveau millésime n’est pas baptisé European Equity Partners comme ses prédécesseurs, mais «il n’est pas moins centré sur l’Europe, assure une porte-parole de CVC. Le fonds peut investir jusqu’à 20% en Amérique du Nord et 7,5% dans le reste du monde», contre respectivement 15% et 5 % auparavant.
CVC ne connaît pas que des succès. Il a dû abandonner la levée de son fonds infrastructures et doit encore finaliser celle de son fonds Asie, qui vise 3 milliards de dollars.
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