Credit Suisse adapte ses bonus aux contraintes de Bâle 3
Après avoir imposé les bonus différés, les régulateurs se penchent sur la composition de ces primes exceptionnelles. Credit Suisse a ainsi annoncé la révision de ses bonus 2011, dans un mémo interne dévoilé par Bloomberg et confirmé par la banque. L’établissement helvétique propose deux nouvelles options à ses banquiers pour remplacer un mécanisme indexé sur un portefeuille de dérivés de crédit. Baptisé Partner asset facility 2 (PAF2), celui-ci n’est plus compatible avec les nouvelles règles du comité de Bâle, donc exclu du calcul des fonds propres durs.
Accordé début 2012 à 5.500 salariés seniors, il permettait à la banque de leur transférer les risques liés à des portefeuilles hérités de la crise des subprimes. Le premier plan du genre, instauré en 2008, reposait sur 5,05 milliards de dollars de prêts et obligations pourris, adossés à des actifs d’immobilier commercial.
Credit Suisse propose désormais deux schémas alternatifs aux bénéficiaires de 2012. Ils peuvent choisir un bonus différé lié à un autre portefeuille d’actifs en dollars d’une durée de 7 ans, contre 4 ans pour le PAF2, mais assorti comme son prédécesseur d’un taux d’intérêt annuel de 6,5%. L’autre option, des obligations sous forme de capital contingent, devrait être déployée début 2016, après accord des régulateurs. Le mois dernier, le groupe a déjà payé de la sorte environ 20% des bonus différés 2013 de ses directors et managing directors. Censés rapporter 5 à 6% par an, ces titres perdront leur valeur si le ratio de fonds propres de Credit Suisse tombe en dessous de 7%.
Sa compatriote UBS a également eu recours à ce type de montage, à hauteur de 500 millions de francs cette année (409 millions d’euros). Les deux établissements essaient ainsi de concilier la gratification de leurs «preneurs de risques» avec les exigences élevées du régulateur suisse en matière de fonds propres. UBS estime que sa solvabilité pourrait augmenter d’un point grâce à l’attribution de tels instruments contingents dans les cinq ans qui viennent. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 atteignait 12,8% fin décembre, contre 10,3% chez Credit Suisse. Les banques helvétiques ne sont pas des cas isolés. Barclays et RBS ont déjà utilisé des obligations contingentes pour récompenser leurs banquiers et traders.
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