Crédit Agricole SA sera en perte en 2011
Crédit Agricole SA a décidé de faire le grand ménage dans ses comptes. Avec pour conséquence une perte en 2011, la première (en base annuelle) de l’histoire de la banque, annoncée le jour du dixième anniversaire de son entrée en Bourse. Plan d’adaptation, avec à la clé 2.350 suppressions de postes, dépréciations de participations et d'écarts d’acquisition... autant d'éléments qui coûteront plus de 3 milliards à CASA au dernier trimestre. Le groupe dans son ensemble restera bénéficiaire mais ne confirme plus les objectifs 2014 présentés en mars.
«Nous ne souhaitons pas les évoquer parce que la situation est beaucoup trop incertaine», a indiqué Jean-Paul Chifflet, le directeur général du groupe, lors d’une conférence téléphonique. Il n’a pas non plus donné l’estimation de la perte pour l’exercice en cours.
Attendu depuis plusieurs semaines, le plan d’adaptation du Crédit Agricole se veut en effet drastique. La banque verte estime à 500 millions d’euros le coût de mise en oeuvre de son plan sur ses résultats du quatrième trimestre. A quoi vont s’ajouter des dépréciations pour écarts d’acquisition à hauteur de 1,3 milliard d’euros. Du fait d’une baisse des résultats attendue en 2011 et dans les années suivantes, le Crédit Agricole a décidé de déprécier 1,05 milliard de survaleurs pour la BFI (héritées du rachat du Crédit Lyonnais et... d’Indosuez en 1996) et 247 millions pour le crédit-bail et l’affacturage.
La banque dépréciera également de 981 millions la valeur de ses participations dans Bankinter (617 millions) et dans le portugais BES (364 millions), pour lesquelles désormais «toutes les options» sont ouvertes. Ainsi que 253 millions d’écarts d’acquisition sur ses filiales italienne et ukrainienne. L’ensemble de ces dépréciations au quatrième trimestre n’auront toutefois pas d’impact sur le ratio de solvabilité en règles Bâle 3. Fitch a dégradé hier la note du Crédit Agricole de «AA-» à «A+», assortie d’une perspective stable.
Pour 2012, le Crédit Agricole devrait enregistrer 470 millions de résultat net en moins du fait de ce plan et ses actifs pondérés devraient être réduits de 23 milliards d’euros fin 2012 par rapport à juin 2011. Pour les années suivantes, le changement d’envergure du groupe aura un impact de 250 millions d’euros sur le résultat net. Les cessions de portefeuille et le plan annoncé feront, à terme, baisser le montant des actifs pondérés de 35 milliards d’euros sur un objectif total de 60 milliards.
Sur le plan de la solvabilité, le Crédit Agricole, dont le ratio ressort à 9,23% selon les dernières évaluations de l’EBA, assure pouvoir atteindre un ratio common equity tier one de 10% fin 2013. Un niveau supérieur au minimum de 9% fixé par le régulateur. «Le groupe Crédit Agricole veut être solide pour l’avenir et veut envisager toutes les solutions.[…] L’avenir peut encore nous réserver des surprises», insiste Jean-Paul Chifflet.
Selon les calculs de la banque, le passage aux règles de Bâle 3 aura un impact négatif de 80 points de base (pb), le traitement en conglomérat financier des assurances pèsera pour 90 pb et le développement de l’activité pour 30 pb. Ces pressions seront compensées par un apport de 160 pb liés à la mise en réserve des résultats et aux émissions de parts sociales, de 60 pb du fait du plan d’adaptation et de 60 pb via des «gains méthodologiques». CASA proposera systématiquement des dividendes en actions à compter de 2012 et s’en dispensera pour l’exercice 2011.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer. -
Le piratage d'Arkéa relance le débat sur la supervision européenne des plateformes crypto
Plus de 100 millions d'euros ont été dérobés au Crédit Mutuel Arkéa. Les pirates se sont ensuite servis de plateformes crypto agréées MiCA pour faire disparaître l'argent. -
Franklin Templeton collecte 15 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Les encours sous gestion sont restés stables.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain