Coup de froid sur la croissance en France au premier trimestre
La croissance économique a ralenti plus que prévu au premier trimestre en France, tombant à 0,3% sous l’effet d’une décélération de la consommation des ménages et des investissements des entreprises, selon la première estimation publiée, ce vendredi, par l’Insee.
Il s’agit de la hausse la plus faible depuis le troisième trimestre 2016, l’institut confirmant dans le même temps celle de 0,7% enregistrée sur les trois derniers mois de 2017. La Banque de France avait revu sa prévision pour la période à 0,3% début avril.
L’acquis de croissance pour 2018, défini comme l'évolution du PIB si l’activité stagnait au cours des trois prochains trimestres, s'élevait à 1,2% au 31 mars.
La demande intérieure finale, traditionnel moteur de la croissance française, a contribué positivement mais plus faiblement au PIB à hauteur de 0,3 point (contre 0,5 au quatrième trimestre). La contribution des variations des stocks des entreprises, très volatile, a été nulle (après -0,4 au trimestre précédent), de même que celle du commerce extérieur, qui avait dopé de 0,6 point le PIB des trois derniers mois de 2017.
La consommation des ménages français en biens est restée quasi stable (+0,1%) en mars après sa forte hausse de février, les achats alimentaires et de biens durables compensant le recul des dépenses en habillement et en énergie, selon les données publiées vendredi par l’Insee.
La production totale de biens et services a nettement ralenti au 1er trimestre (+0,3% après +0,9%), une évolution due aux seuls biens, où elle a reculé de 0,6% (après une hausse de 1,2% au 4e trimestre 2017). La production manufacturière a accusé une baisse de 1,1% (après +1,5%) du fait de la baisse importante en matériel de transports, un secteur qui avait porté l’activité de fin 2017. La consommation des ménages, toujours atone, a progressé au rythme inchangé de 0,2%, les seules dépenses en biens restant stables comme au trimestre précédent.
L’investissement global a augmenté de 0,6% (après +1,1% au quatrième trimestre 2017), une nette décélération due aux entreprises, dont la croissance de l’investissement s’est limitée à 0,5% (contre +1,6% au 4e trimestre 2017). Celui des ménages est resté soutenu (+0,5% après +0,6%) en raison de la bonne tenue du secteur de la construction et celui des administrations publiques a franchement accéléré (+0,9% après +0,5%), affichant son niveau le plus élevé depuis le 4e trimestre 2008.
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