Coller Capital négocierait en exclusivité la reprise de Crédit Agricole PE
Le processus de vente de Crédit Agricole Private Equity (CAPE) et de ses participations, révélé par L’Agefi le 28 juin dernier, est passé à la vitesse supérieure: depuis une quinzaine de jours, la banque verte serait en négociation exclusive avec Coller Capital, société de gestion spécialisée dans l’acquisition de parts de fonds d’investissement et qui a noué des liens de confiance avec CAPE. Aucun des protagonistes n’a souhaité confirmer officiellement cette information, dont Financial News et Private Equity Magazine se sont faits l’écho. Mais elle a été confirmée par plusieurs sources concordantes.
Conformément à ce qui était déjà décidé avant l’été, le Crédit Agricole ne devrait pas se séparer de Carvest, en raison des liens étroits de ce dernier avec les caisses régionales. Mais chose nouvelle, le périmètre des discussions exclurait également les pôles énergies renouvelables (Capenergie) et infrastructures (Meridiam).
La raison en serait que ces deux équipes sont en train de collecter trois nouveaux véhicules: Capenergie II, avec un objectif de 200 millions d’euros, pour la première; Meridiam Infrastructure Europe II (un milliard d’euros) et MI North America II (un milliard de dollars) pour la seconde. La banque ne veut pas perturber ces levées par la perspective d’une vente. En outre, ces deux secteurs sont en lien avec les territoires et les activités de financements, les infrastructures générant notamment des montages de dette très importants. On peut imaginer que le Crédit Agricole les considère stratégiques, car davantage porteuses de synergies.
De sources concordantes, Coller Capital était notamment en compétition avec Axa Private Equity. La filiale de l’assureur, elle-même en cours de cession, n’a pas commenté l’information. Mais selon une source interne, elle était intéressée par les portefeuilles de participations. CAPE gère 3,7 milliards d’actifs, 2,7 milliards pour compte de tiers et un milliard inscrit sur le bilan de la banque.
C’est d’ailleurs ce qui a ralenti le processus. En effet, les gérants de fonds secondaires privilégient les actifs et rechignent en général à acquérir d’autres sociétés de gestion, même si des équipes sont nécessaires pour gérer les portefeuilles. C’est pourquoi la reprise de la plupart des équipes de CAPE surprend. La société regroupe au total une centaine de professionnels, répartis dans six métiers. Toutefois, rien n’empêche Coller de favoriser par la suite leur prise d’indépendance totale ou partielle.
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